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  • : patricksalmon.over-blog.com Chômage, le FIASCO des politiques Balland Essai ; septembre 2006. Ancien directeur d'une agence locale pour l'emploi, Patrick Salmon est syndicaliste à l'ANPE. Contact auteur : patrick.salmon@cegetel.net
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Données et opinions sur l'EMPLOI et le CHOMAGE

Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /Mars /2009 12:15

Le chômage va «nettement» remonter et atteindre 8,8% en métropole – 9,2% avec les départements d’Outre-mer – dès la fin du premier semestre 2009, selon la nouvelle note de conjoncture de l’Insee parue vendredi.

Ces nouvelles prévisions vont au-delà du pronostic déjà alarmant de l’assurance-chômage, car selon l’Insee, les destructions nettes d’emploi atteindraient, rien qu’au 1er semestre, 387.000 dans le secteur marchand. Sauf en cas d’amélioration au second semestre, les scénarios examinés par l’Unedic mercredi seraient donc en dessous de la réalité, puisqu’ils anticipent 354.000 à 436.000 destructions d’emplois salariés sur toute l’année.

La prévision gouvernementale serait aussi dépassée puisque le collectif budgétaire de début mars table sur 350.000 destructions nettes en 2009.

«Le rythme de pertes d’emplois est plus rapide qu’en 1993», année de forte récession, «où les pertes d’emplois avaient atteint 170.000 au 1er semestre», a souligné Eric Dubois, chef du département de la conjoncture à l’Insee. Soit deux fois moins que les prévisions pour 2009.

Certes, des créations sont attendues dans le secteur non-marchand, le gouvernement ayant rouvert les vannes des contrats aidés dans le monde associatif notamment (+47.000), mais cela ne compensera pas l’hémorragie du privé.

Au total, l’économie perdrait donc plus de 330.000 postes sur les six premiers mois de 2009, après une perte de 90.000 en 2008.

Par secteur, l’industrie connaîtrait des pertes encore accrues en 2009 (-140.000 postes au 1er semestre 2009, -73.000 en 2008).

La construction, où la création d’emplois a ralenti en 2008 après deux ans de croissance, «passerait dans le rouge en 2009» selon l’Insee (-38.000 postes au 1er semestre, +13.000 en 2008).

Comme au début des années 1990, le tertiaire enregistrerait plus de destructions que de créations d’emplois salariés (-205.000 au 1er semestre, +81.000 en 2008), en raison du plongeon continu de l’intérim, comptabilisé dans les activités de service, même pour des missions dans l’industrie ou le BTP. L’an dernier, 139.000 postes d’intérimaires ont été détruits.

Pour le taux de chômage, l’Insee, plus pessimiste qu’en décembre, prévoit qu’il va progresser d’un point en seulement six mois et remonter d’ici fin juin au niveau du 3e trimestre 2006. L’essentiel des deux points de baisse du chômage enregistrés entre 2006 et 2008 serait ainsi effacé.

(Source AFP)

Par Patrick Salmon - Publié dans : Données et opinions sur l'EMPLOI et le CHOMAGE
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Dimanche 5 octobre 2008 7 05 /10 /Oct /2008 21:03

PARIS (AFP) — Le chômage est redevenu la première préoccupation des Français (66%), devant l'évolution du pouvoir d'achat (58%) et la santé (57%), selon un sondage TNS Sofres qui sera publié dans La Croix lundi.

A la fin septembre, le niveau de préoccupation apparaît en augmentation pour 15 des 16 sujets d'inquiétudes majeures soumis aux personnes interrogées, sachant que le nombre de réponses possibles n'était pas limité.

En hausse quasi continue depuis l'automne 2007, l'inquiétude pour le pouvoir d'achat accuse un recul (-6 points par rapport à juin) après avoir atteint un niveau record fin juin, mais demeure un motif de préoccupation pour 58% des Français.

Le chômage et l'emploi redeviennent la préoccupation principale des Français, qui sont 66% à citer ce thème comme source d'inquiétude (+9 points) et 33% à le citer comme leur premier sujet de préoccupation (+7 points).

Une préoccupation particulièrement forte pour les femmes, les jeunes de moins de 25 ans et les ouvriers, selon cette enquête.

Ces dernières années, le pic d'inquiétude concernant le chômage a été atteint au printemps 2006 (79%), selon TNS Sofres. Et la proportion de 66% de Français citant le chômage parmi leurs préoccupations majeures a été atteinte pour la dernière fois fin mai 2007.

Le sondage montre aussi un fort niveau d'inquiétude concernant la santé et la qualité des soins, qui apparaît en troisième position avec 57% de citations (+4 points par rapport à juin).

Parmi cette liste de préoccupations, le financement des retraites se classe en quatrième place, l'école et la qualité de l'enseignement en cinquième place.

Ce sondage de l'institut TNS Sofres a été réalisé par des entretiens en face-à-face les 26 et 29 septembre auprès d'un échantillon de 1.000 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas.

Par Patrick Salmon - Publié dans : Données et opinions sur l'EMPLOI et le CHOMAGE
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Dimanche 28 septembre 2008 7 28 /09 /Sep /2008 11:38

TRAVAILLER PLUS, plus longtemps, plus nombreux. En finir avec les 35 heures. Durcir les conditions d’indemnisation des chômeurs et les contraindre à reprendre un emploi « raisonnable »… Autant d’idées, lancées par le président de la République pour remettre la France au travail, qui tombent aujourd’hui sur un écueil de taille : le ralentissement de l’économie.

Hier, le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, a annoncé une brusque remontée du chômage en août avec « 30 000 à 40 000 » personnes supplémentaires inscrites à l’ANPE, soit un nombre de chômeurs de 1,938 à 1,948 million. Une situation suffisamment préoccupante pour que les acteurs du service public de l’emploi soient convoqués lundi à Bercy, sous la houlette de la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, avant la publication officielle des statistiques de l’ANPE.

Le secrétaire d’Etat à l’Emploi n’a pas caché que les chiffres « seront très mauvais, et beaucoup plus qu’avant ». Après deux ans et demi de baisse régulière, il faut en effet remonter quinze ans en arrière, à mars 1993, pour trouver un résultat mensuel aussi exécrable. Ils traduisent un véritable retournement du marché du travail déjà perceptible dans le bâtiment, l’hôtellerie-restauration, le transport ou l’intérim.

« Pas une surprise » pour les syndicats

Parallèlement, les prévisions contenues dans le projet de loi de finances montrent une chute libre de la création d’emplois salariés marchands (hors agriculture), un nombre pratiquement divisé par dix cette année, de 310 000 en 2007 à 34 000 en 2008. En 2009, le gouvernement table sur 50 000 créations nettes d’emplois salariés sur fond de « reprise graduelle de l’activité courant 2009 ». Malgré le papy-boom, le taux de chômage devrait remonter, après avoir atteint 7,2 % de la population active au deuxième trimestre 2008, au plus bas depuis vingt-cinq ans. Hier, Christine Lagarde a cependant préféré insister sur le chiffre qu’elle attend pour la fin de l’année 2009, à savoir 7,1 %.

Quant à l’objectif de 5 % de taux de chômage en 2012, la ministre se montre désormais beaucoup plus prudente, affirmant qu’il faut « être soit Madame Irma, soit un charlatan » pour faire des prévisions précises. Malgré ce contexte difficile, le budget de l’emploi sera en baisse de 5,2 % en 2009 et de 9,1 % l’année suivante. L’enveloppe allouée au service public de l’emploi, issu de la fusion ANPE-Assedic, augmentera néanmoins de 50 millions d’euros à 1,360 milliard d’euros. Deux chantiers sont déclarés « prioritaires » : « rendre notre système de formation professionnelle plus efficace et mettre un terme au sous-emploi des seniors ».

Sans être devins, les syndicats ont souligné hier que cette remontée du chômage n’est « pas une surprise » et posent les jalons pour la prochaine négociation d’assurance chômage alors que la priorité sera « d’indemniser plus de chômeurs ».

Joëlle Frasnetti

Par Patrick Salmon - Publié dans : Données et opinions sur l'EMPLOI et le CHOMAGE
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Vendredi 5 septembre 2008 5 05 /09 /Sep /2008 12:09

Le taux de chômage s'est maintenu à 7,2 % de la population active au deuxième trimestre, selon les chiffres annoncés hier par l'Insee. Mais le chômage des jeunes et le sous-emploi ont progressé. Le nombre de contrats aidés sera stabilisé en 2009.

Dans un contexte où chaque indicateur conjoncturel est désormais attendu avec appréhension, la simple stabilisation du taux de chômage au deuxième trimestre, annoncée hier matin par l'Insee, à 7,2 % de la population active (à 2,027 millions de chômeurs recensés selon la norme du BIT), a été saluée comme une bonne nouvelle par le gouvernement. Rappelant qu'il est toujours au plus bas depuis 1983, le taux de chômage enregistré au printemps est « un nouveau signe de la résistance du marché du travail dans un environnement défavorable et de sa capacité d'ajustement aux chocs économiques », a ainsi jugé la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.

De fait, si cette stabilisation, après deux ans de baisse quasi continue, est conforme à la prévision établie par l'Insee en juin, le recul du PIB au deuxième trimestre (- 0,3 %) et les destructions d'emplois dans les secteurs marchands (- 12.200 postes entre mars et juin), plus sévères que prévu, pouvaient laisser redouter une première remontée du taux de chômage. En fait, les destructions d'emplois sont intervenues tard dans le trimestre et, pour l'essentiel, sur le secteur de l'intérim. La dégradation annoncée de la conjoncture pourrait aussi, avance l'Insee, avoir dissuadé certains candidats à l'emploi d'entrer sur le marché du travail (ce que les économistes appellent l'« effet de flexion »), limitant ainsi l'évolution de la population active, structurellement encore positive.

Pression sur les syndicats

Si le gouvernement retient aussi la légère baisse du nombre de personnes dans le « halo » du chômage (les sans-emploi souhaitant travailler) et l'augmentation continue du taux d'emploi (à 65,1 % pour les 15-64 ans), deux indicateurs sont en revanche beaucoup moins rassurants. « Le taux de chômage des jeunes a fortement progressé après une longue période de baisse, or nous savons qu'ils sont particulièrement sensibles à la conjoncture. C'est pour nous un signal assez net », observe Sylvie Lagarde, chef du département emploi et revenus d'activité à l'Insee. Il a ainsi progressé de 0,9 point au deuxième trimestre, à 18,3 %.

Plus complexe à analyser, le taux de sous-emploi, qui comptabilise les personnes en emploi cherchant à travailler davantage, progresse au deuxième trimestre cette année, à 4,9 %, contre 4,6 % au premier trimestre. Les deux tiers de cette hausse sont imputables aux salariés « ayant involontairement travaillé moins que d'habitude », c'est-à-dire ayant subi du chômage technique. C'est probablement le signe du ralentissement de l'activité dans le bâtiment ou l'industrie. « Si la population active ne diminue pas et que nous avons des destructions d'emplois, la hausse du chômage devrait être sûre et certaine pour les prochains trimestres », conclut Eric Heyer, de l'Observatoire français des conjonctures économiques.

Conscient des difficultés à venir, le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, veut montrer que le gouvernement ne reste pas inactif. Après avoir tancé les constructeurs automobiles, mardi, sur leur façon de supprimer les emplois, il fait pression sur les partenaires sociaux pour qu'ils ouvrent rapidement les négociations sur la formation professionnelle - ce sera le cas à la fin du mois, affirme-t-il - et sur l'assurance-chômage. En outre, le nombre de contrats aidés prévus dans le budget 2009 sera stabilisé, à 230.000, après avoir beaucoup diminué cette année.

VÉRONIQUE LE BILLON
Par Patrick Salmon - Publié dans : Données et opinions sur l'EMPLOI et le CHOMAGE
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Jeudi 1 mai 2008 4 01 /05 /Mai /2008 12:28

Le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté de 8.200 en mars (+0,4 %), selon les données publiées hier soir par le ministère de l'Emploi. C'est la deuxième fois depuis le début de l'année. Toutes les catégories de chômeurs sont touchées.

L'évolution du nombre de demandeurs d'emploi au mois le mois semble donner raison à l'Insee, qui table sur une stabilisation du chômage jusqu'à l'été. Après une hausse en janvier (+13.200), compensée par une baisse de même ampleur en février (-13.700), le gouvernement a fait face à une légère remontée du chômage en mars, frappant quelque 8.200 personnes, selon les données publiées hier par le ministère de l'Emploi. En mars, le nombre de demandeurs d'emploi immédiatement disponibles et à la recherche d'un emploi à temps plein (catégorie 1) s'est ainsi accru de 0,4 %. Cette hausse suffit à faire repasser leur nombre au-dessus de la barre de 1,9 million. Encore faut-il rappeler que ce chiffre, commenté chaque mois, ne représente pas plus de la moitié des chômeurs réellement inscrits à l'ANPE (3,85 millions au total). Toutes les catégories de chômeurs sont touchées, au premier rang desquels les jeunes (+1,1 %) et les seniors (+0,6 %). Après plusieurs mois de baisse, le nombre de chômeurs de longue durée repart, lui aussi, à la hausse (+0,7 %).

Il faudra attendre le 5 juin pour connaître le taux de chômage du premier trimestre. Mais, sauf surprise, il devrait égaler, ou dépasser de 0,1 point, celui de la fin de l'année 2007 (7,5 %). Ces chiffres ont beau être conformes aux prévisions, ils ne font pas l'affaire du gouvernement, qui a fait de la bataille pour l'emploi l'une de ses priorités. Plus fréquents, les soubresauts du chômage rendent ainsi un peu moins lisible la baisse observée depuis presque trois ans. Comble de malchance, ce ralentissement intervient alors que les premières réformes structurelles (fusion ANPE-Assedic, réforme des contrats de travail) ont été lancées. Leur efficacité devrait pâtir, au moins à court terme, du fléchissement de la croissance mondiale. Cette baisse « intervient dans un environnement économique international difficile, avec la poursuite de la hausse du prix du pétrole et du cours de l'euro », a d'ailleurs fait valoir Christine Lagarde, ministre de l'Economie et de l'Emploi, hier.

Moins de créations d'emplois

Pour l'heure, c'est donc le ralentissement des créations d'emplois, moins nombreuses en 2008 qu'en 2007, qui domine la tendance. Les offres déposées à l'ANPE se sont ainsi réduites de 5,7 % en l'espace d'un mois. Longtemps moteur de l'emploi, le secteur de l'intérim a désormais tendance à déstabiliser le marché du travail. La remontée du chômage en mars s'explique ainsi, de manière quasi intégrale, par la décrue de l'emploi intérimaire (-1,1 % depuis un an). Si l'on exclut les chômeurs ayant exercé une activité réduite, le nombre de demandeurs d'emploi est ainsi resté stable au cours du mois : le total de l'ensemble des chômeurs de catégories 1, 2 et 3, qui se rapproche le plus du taux de chômage au sens du BIT, s'est même réduit de 400.

LUCIE ROBEQUAIN
Par Patrick Salmon - Publié dans : Données et opinions sur l'EMPLOI et le CHOMAGE
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Jeudi 1 mai 2008 4 01 /05 /Mai /2008 12:07

Révolue l'époque de la baisse du chômage? Les bons résultats marquent un coup d'arrêt en mars, où le nombre d'inscrit à l'ANPE a augmenté de 0,4%. Une mauvaise nouvelle pour les ministres, Christine Lagarde en tête, engagés dans la réforme de l'Unedic.

 

"Le nombre de demandeurs d’emploi en mars est pratiquement stable", assure Christine Lagarde. La prudence de la ministre de l’Economie masque pourtant mal l’inquiétude du gouvernement.

Les chiffres publiés par l’ANPE et la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) le 29 avril ne sont pas bons: avec 8200 nouveaux inscrits en mars en catégorie 1 (personnes sans emploi immédiatement disponibles, à la recherche d'un contrat à durée indéterminée) soit 0,4% de plus que le mois précédent, la barre des 1,9 millions de chômeurs est franchie. Une remontée du taux de chômage n’est plus exclue. Et les bons résultats enregistrés depuis trois ans marquent un coup d’arrêt.

Un tel retournement traduit l’état de la conjoncture. Les offres d’emploi se raréfient : le nombre des annonces déposées à l’ANPE s’est réduit de 5,7% en un mois. Même l’emploi intérimaire, longtemps dynamique, diminue: il a baissé de 1,1% en un an. Globalement, toutes les catégories de chômeurs gagnent en effectif, les jeunes (+1,1%) et les seniors (+0,6%) en tête.

Le taux de chômage définitif du premier trimestre sera connu le 5 juin. Il devrait confirmer la tendance et l’embarras du gouvernement. La dégradation du marché du travail tombe, en effet, en pleine réforme du service public de l’emploi (fusion ANPE-Assedic) et alors que démarrent, le 6 mai, les négociations autour du régime d’assurance-chômage. Le 24 avril déjà, jour de son interview télévisée, Nicolas Sarkozy avait été informé de la mauvaise nouvelle. Il avait préféré la taire.
Julie Joly

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Lundi 20 août 2007 1 20 /08 /Août /2007 18:21

Un rapport du Centre d'études de l'emploi émet des doutes quant à l'efficacité de la sous-traitance des services de l'emploi au secteur privé dans les différents pays qui l'ont mis au point.

Deux ans et demi après la loi de cohésion sociale qui a mis fin en France au monopole public des services de l'emploi, l'efficacité de l'ouverture de ce marché reste encore à prouver. C'est ce qui ressort du rapport du Centre d'études de l'emploi (CEE),intitulé « L'externalisation de l'accompagnement des demandeurs d'emploi : modalités d'un marché en plein essor », publié en février dernier. Prenant en compte l'ensemble des pays qui ont adopté, selon des modalités différentes, cette politique de sous-traitance - à savoir l'Australie, l'Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, et la France -, Nathalie Georges, auteur du rapport, reste sceptique quant à son efficacité et parle de « résultats contrastés ». Le principal mérite de cette externalisation, estime-t-elle, est d'avoir contribué à la remise en question du service public de l'emploi. Mais l'allégement des dépenses, un des objectifs de la sous-traitance, n'est pas encore clairement établi : parmi les deux pays ayant poussé le plus loin l'externalisation, l'Australie réalise de solides économies, tandis que les services de l'emploi aux Pays-Bas sont globalement plus coûteux. Une évaluation menée en Allemagne l'an dernier conclut même à « une détérioration des chances de retour à l'emploi pour les chômeurs au sein du nouveau système mis en place ».

« Les coûts sont les mêmes »

Le reclassement des chômeurs par des opérateurs privés fait aussi débat en France. L'ANPE va dans le sens du rapport du CEE quand elle affirme que la prise en charge des chômeurs par le service public est en fin de compte plus économique que dans le privé (730 euros contre 2.300 euros en moyenne par chômeur), dans une étude datée de novembre 2006. L'Unedic, qui conteste cette évaluation, a élargi l'expérimentation menée en 2005 en lançant un nouvel appel d'offres à destination du privé en 2006, visant à replacer 46.000 chômeurs. Les opérateurs, de leur côté, évitent d'alimenter la polémique. Pour Jean-Pierre Quenez, vice-président de Bernard Brunhes Consultants, « les coûts sont les mêmes » dans les secteurs privé et public, l'ANPE disposant d'employés ou encore de locaux dont les coûts ne sont pas pris en compte dans ses calculs.

Quels que soient ses résultats, le recours aux cabinets privés en France, tout comme en Allemagne, reste « pour l'instant accessoire », souligne Nathalie Georges. La politique d'aide à l'emploi est de toute façon largement le fait des acteurs publics : l'Unedic elle-même n'est pas mise en concurrence avec les opérateurs privés, et ceux-ci ont besoin d'une licence pour exercer leurs activités.

Par Patrick Salmon - Publié dans : Données et opinions sur l'EMPLOI et le CHOMAGE
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Samedi 4 août 2007 6 04 /08 /Août /2007 13:55
Par Patrick Salmon - Publié dans : Données et opinions sur l'EMPLOI et le CHOMAGE
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Samedi 28 juillet 2007 6 28 /07 /Juil /2007 18:46

L'Unedic se gargarise d'une progression de 1,5% de l'emploi salarié en 2006, une croissance «au plus haut» depuis 2001, selon elle, alors que son outil statistique est incapable de différencier les types d'emplois créés, ni même leur durée !

«Après une année 2005 marquée par une progression consolidée de l'emploi (+ 0,8% en glissement annuel après + 0,3% en 2004), 2006 voit la hausse de l'emploi s'accélérer. Les effectifs salariés ont augmenté de 239.600 personnes de fin décembre 2005 à fin décembre 2006, soit + 1,5%. L'économie française a ainsi créé environ deux fois plus de postes qu'en 2005. Il faut remonter à l'année 2001 pour observer de telles créations nettes d'emplois sur un an (+ 278.700 postes)»,
claironne l'Unedic. «Compte tenu de la croissance économique (+ 2,2% en 2006 après + 1,7% en 2005), les créations d'emplois sont particulièrement importantes. L'année 2006 voit le retour à un fort contenu en emploi du produit intérieur brut, comparable au début du cycle de la fin des années 90. Cette hausse de l'emploi porte à 16.232.900 le nombre de salariés des secteurs concurrentiels au 31 décembre 2006, niveau jamais atteint auparavant», conclut l'assurance chômage dans son communiqué.

Explosion de l'intérim. Ces données sont donc définitives, et encore "meilleures" que l'estimation provisoire de mars arrêtée à 204.400 nouveaux postes. Pourtant, le mois dernier, l'Unedic avouait que l'emploi intérimaire représentait 42% des emplois nouvellement créés au premier trimestre 2007. Et l'ACOSS (l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale, qui fédère les URSSAF)
notait à cette occasion que la progression actuelle des effectifs salariés demeure beaucoup plus modeste qu'à la fin des années 1990 et que, depuis 1997, l'emploi intérimaire a connu un «développement sans précédent» de plus de 80%...

Retournement conjoncturel. Puisque l'Unedic compare 2006 à 2001, elle oublie soigneusement de dire que ce fut la dernière année où le solde de créations nettes resta honorable, car les années suivantes furent tragiques pour l'emploi et des milliers de postes ont été détruits. D'ailleurs, cette période noire est aujourd'hui pudiquement qualifiée de "retournement conjoncturel", un accident de parcours qui a laissé durablement des milliers de chômeurs sur le carreau. Bien sûr, l'UMP est restée très discrète sur
le bilan catastrophique de sa dernière législature en matière de création d'emplois.

Des chiffres tronqués. Lorsqu'elle se félicite d'un emploi féminin «plus vigoureux», l'Unedic ne précise pas en quoi cette progression consiste alors qu'on sait que, si elles sont plus nombreuses qu'il y a vingt ans sur le marché du travail, les femmes sont les principales victimes du sous-emploi et du temps partiel subi. De même l'Unedic est incapable, en dehors de l'intérim, de
préciser quels types d'emplois ont été créés (CDD, CNE ou CDI ?) ni leur durée (temps plein ou temps partiel ?) alors que ces informations sont essentielles pour mesurer l'évolution de l'emploi en France.

Par l'annonce de données purement quantitatives qui éludent volontairement toute pondération qualitative, l'Unedic participe donc bien à la désinformation économique gouvernementale. C'est les vacances et tout baigne : dans l'esprit de l'opinion,
les chômeurs restent des fraudeurs alors que les sanctions - qui ont aussi triplé en 2006 et ne sont pas forcément "plus justes" - ne concernent que 2% d'entre eux, et le chômage continue soi-disant de baisser alors qu'en vérité c'est l'emploi qui continue de se dégrader.
Cet article provient de Actu > Chomage :
http://www.actuchomage.org/print.php?sid=2945

Par Patrick Salmon - Publié dans : Données et opinions sur l'EMPLOI et le CHOMAGE
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Samedi 28 juillet 2007 6 28 /07 /Juil /2007 18:30
Faut-il pérenniser le «profilage statistique» actuellement expérimenté en France par les Assedic? Cet outil, qui sert à classer les chômeurs en fonction de leur employabilité et à leur proposer des parcours appropriés de recherche d’emploi, doit-il remplacer ou simplement compléter l’expertise des conseillers de l’ANPE? Comment d’autres paysutilisateurs du profilage ont-ils répondu à ces questions?
Au-delàdes objectifs d’efficacité, d’équité ou d’objectivité affichés, le profilage statistique vise aussi un meilleur contrôle des dépenses d’indemnisation des chômeurs. Et sa mise en œuvre présente certains inconvénients. Le nombre et le choix des variables utilisées dans le modèle interrogent sa capacité à évaluer correctement l’employabilité, notamment parce qu’il prend peu en compte l’état des marchés du travail. Fondé sur des probabilités, le calcul du risque de chômage de longue durée est par essence faillible et les erreurs d’orientation déjà constatées peuvent être dommageables aux chômeurs si elles ne sont pascontrôlées par des conseillers pour l’emploi.

Pour télécharger
Connaissance de l'emploi n°44,
juillet
2007, au format pdf, cliquer ici
Par Patrick Salmon - Publié dans : Données et opinions sur l'EMPLOI et le CHOMAGE
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