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  • : patricksalmon.over-blog.com Chômage, le FIASCO des politiques Balland Essai ; septembre 2006. Ancien directeur d'une agence locale pour l'emploi, Patrick Salmon est syndicaliste à l'ANPE. Contact auteur : patrick.salmon@cegetel.net
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De JUIN 2006 à MAI 2007, l'emploi chez N. SARKOZY

Dimanche 17 septembre 2006

A Agen, un Sarkozy lyrique entend «libérer le travail»

 

En campagne hier, le président de l'UMP a glorifié l'effort et la famille.

 par Laure ESPIEU
QUOTIDIEN « LIBERATION » du vendredi 23 juin 2006

 

Agen envoyée spéciale

 

A « la France qui doute», Sarkozy veut répondre par le travail. Hier soir, face à plus de 5000 personnes acquises à sa cause, il est venu «réconcilier une France qui voudrait travailler pour gagner sa vie, et une France qui travaille de plus en plus dur et qui ne se sent pas payée en retour».

 

Lors de ce troisième grand meeting, le président de l'UMP n'a pas lésiné sur le lyrisme de l'Histoire de France, ni sur le recours aux clichés ­ «le paysan que la nature laissait sans repos», «la mère de famille qui s'écorchait les mains sur le lavoir». La drague aux classes moyennes est transparente. Et le camp des «soixante-huitards» est accusé : «Les mêmes qui jadis voulaient supprimer les notes pour ne pas traumatiser les mauvais élèves. On n'a rien inventé de plus sot. Si ce n'est les 35 heures.»

 

 

Mérite. Le ton est donné. « La France nouvelle, c'est celle du mérite, de l'effort, du travail, de la récompense, du respect, de l'autorité et de la fermeté». Hourras. «A ce salarié qui veut travailler plus pour gagner plus parce qu'il vient d'avoir un enfant», Nicolas Sarkozy propose donc «d'être libre de rester aux 35 heures ou d'en sortir», «de travailler le dimanche s'il préfère», et de «voter à bulletin secret dans les huit jours qui suivront tout déclenchement de mouvement social dans son entreprise», s'il est «contre la grève obligatoire». Un seul mot d'ordre : «Libérer le travail.»

 

Suit un chapelet de mesures : «Rétablir l'égalité devant l'impôt en laissant à celui qui a travaillé dur le produit de son travail.» Pour les grands patrons, une rémunération «publiquement approuvée par l'assemblée générale des actionnaires, et publiée dans le rapport annuel». Les programmes de stock-options étendus à tous les salariés. Enfin, «l'augmentation des salaires nets et la diminution des charges», en réponse au «programme socialiste qui organise les délocalisations».

 

Aux patrons de PME en difficultés, Sarkozy promet de «réserver des parts de la commande publique». Il annonce un «contrat unique à durée indéterminée, plus souple».

 

 

«Utilité sociale». Aux familles, il propose «une forte revalorisation des allocations dès le premier enfant», la fin des droits de succession, et une journée scolaire terminée par des études surveillées, et des enseignants mieux payés. Le mauvais élève verra ses allocations mises sous tutelle en cas d'absentéisme. Quant aux minima sociaux, ils ne seront plus gratuits. Il sera demandé à celui qui bénéficie de «l'assistance d'accomplir un travail d'utilité sociale». Parce qu'il ne manie pas que la baguette, Sarkozy promet aux «enfants, lorsqu'ils sont doués», des «internats d'excellence».

 

 

Et de conclure sur une petite incursion très applaudie, sur les terres lepénistes, déjà évoquée il y a quelques semaines : «A ceux qui n'aiment pas la France , qui exigent tout d'elle sans rien lui donner. Ils ne sont pas obligés de demeurer sur le territoire national.» Un avertissement salué par une ribambelle de drapeaux tricolores.

 

Le jeudi 22 juin 2006 sur  L’Express.fr

Elysée 2007

Le plaidoyer pro-boulot de Sarko Eric Mettout, avec Reuters

Le président de l'UMP tenait hier soir un meeting à Agen. Il a plaidé pour un retour de la valeur travail et une nouvelle fois condamné les 35 heures

n déplacement à Agen, Nicolas Sarkozy s'est engagé hier soir à améliorer le pouvoir d'achat des salariés et à promouvoir les heures supplémentaires en les exonérant d'impôts et autres charges. C'est là, selon lui, "le véritable clivage de la prochaine élection présidentielle." Le ministre de l'Intérieur ne veut pas "d'une réduction obligatoire et uniforme du temps de travail", mais "que tous ceux, dans le public comme dans le privé, qui veulent travailler plus pour gagner plus puissent le faire."

Dans son troisième grand discours de campagne, après ceux de Douai en mars et de Nîmes en mai, le président de l'UMP s'est ainsi érigé en défenseur de la classe laborieuse. Alors que, "aujourd'hui, on décourage le travail supplémentaire", il veut "le décupler". "En 25 ans, le pouvoir d'achat des salaires n'a en moyenne presque pas augmenté, alors que le niveau de qualification n'a pas cessé de s'élever !", a-t-il lancé aux quelques 6000 militants venus l'écouter.

Proposant de fonder le progrès social sur l'économie, Nicolas Sarkozy s'est engagé à tout mettre sur la table, sans tabou: l'impôt sur le revenu, la taxe professionnelle, la taxe sur les salaires, les charges sociales. Il a également préconisé une forte revalorisation des allocations familiales, dès le premier enfant, notamment pour ceux qui gagnent moins que le Smic.

Haro sur les grands patrons

 

Nicolas Sarkozy s'est montré compatissant pour cette "France qui va mal, qui vit la précarité au quotidien et ne peut faire des projets d'avenir [...] qui travaille, qui n'en peut plus de faire des efforts et dont on ne parle que pour la culpabiliser." Il a évidemment fustigé la gauche, "qui n'a plus rien à voir avec celle de Jaurès et de Blum, qui connaissait la valeur du travail", mais aussi critiqué la "droite qui a fini par avoir honte de ne pas être la gauche" et "dévalue économiquement et moralement le travail."

Autre cible, les grands patrons qui négocient "une prime d'éviction en forme de parachute en or" après avoir conduit leur entreprise à l'échec, ce qui "n'est rien d'autre qu'une forme d'abus de bien social". Dans la foulée, il a proposé d'étendre à tous les salariés les stocks options.

Enfin, évoquant l'immigration, le président de l'UMP à de nouveau invité ceux "qui n'aiment pas la France , ceux qui exigent tout d'elle sans rien vouloir lui donner" à la quitter. "Ils ne sont pas obligés de rester sur le territoire national", a-t-il conclu.

Par Patrick Salmon
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Dimanche 17 septembre 2006

Université d’été de l’UMP - Dimanche 3 septembre 2006

Le discours de Nicolas SARKOZY

 Version intégrale en cliquant sur le lien ci-dessous :

 

 

http://www.u-m-p.org/site/GrandDiscoursAffiche.php?IdGrandDiscours=229)

  

 

 

Extraits concernant le travail :

 (…) Le progrès matériel ne suffisait plus à la génération de mai 68. Elle aspirait à l’idéal. Elle y aspirait d’autant plus qu’elle était l'enfant du plein emploi et de la croissance. Elle dilapida l’héritage sans apporter ce supplément d’âme dont elle dénonçait le manque. Elle installa partout, dans la politique, dans l’éducation, dans la société, une inversion des valeurs et une pensée unique dont les jeunes d’aujourd’hui sont les principales victimes.
Au cœur de cette pensée unique qu'ici je veux dénoncer, il y a le jeunisme, cette idéologie qui dit à la jeunesse qu’elle n’a que des droits et que tout lui est dû. C'est faux.

 


Il y a, dans le même temps, la dévalorisation du travail et le mépris pour les travailleurs. J'ose le mot car il ne m'écorche pas la bouche. J'ai toujours fait du travail une valeur cardinale de ma vie.


Une partie de la gauche a fait sienne cette idéologie du jeunisme et des 35 h forcées. Elle a trahi la gauche de Jaurès et de Blum. Quand Jaurès disait aux lycéens : « Il faut que, par un surcroît d’efforts et par l’exaltation de toutes vos passions nobles, vous amassiez en votre âme des trésors inviolables » c'était le contraire du nivellement prôné par la gauche d’aujourd’hui.

Quand Blum leur disait : « l’émulation scolaire est une forme de l’égalité vraie, qui n’est pas l’uniformité, mais le développement entièrement libre des puissances individuelles » c'était le contraire de l'égalitarisme vanté par la gauche d’aujourd’hui.


La gauche qui a trahi c'est celle, héritière de mai 68, qui demande aux enfants ce qu’ils ont envie d’apprendre, qui dit à l’élève qu’il est l’égal du maître, qui part en guerre contre l’élitisme républicain qui traumatiserait les mauvais élèves, qui explique aux professeurs que pour enseigner les mathématiques à Paul il faut d’abord connaître Paul plutôt que les mathématiques, et qui promet qu’on donnera le bac à tout le monde. Cette gauche là, au final, accepte la pauvreté pour peu qu'il n'y ait que des pauvres, tolère les retards pour peu que personne ne soit à l'heure, s'accommode des injustices si chacun en est également la victime.
Cette société là, je veux le dire clairement, je n'en veux pas.


Je refuse d'expliquer que le niveau de l'enseignement monte alors qu'il n'y a jamais eu autant d'enfants qui ne savent ni lire ni écrire, que la méthode globale est une réussite, que la démocratisation de l’enseignement est un succès. La vérité c'est que les étudiants qui se sont révoltés en mai 68 étaient des enfants gâtés par les 30 glorieuses. Vous êtes les enfants de la crise.
Ils ont vécu sans contraintes. Vous payez aujourd’hui la facture.


Vous voyez le chômage, la précarité, l’exclusion et vous vous posez tant de questions sur votre avenir.


Vous voyez la discrimination, le racisme, l'antisémitisme et vous enragez de voir la patrie des droits de l'homme mettre au 2ème tour d'une présidentielle Jean-Marie Le Pen.
Vous voyez des gens qui dorment sur le trottoir et l’enfant du tiers monde qui meurt de faim. Vous voyez des malheureux qui sur leur pirogue affrontent l'océan pour gagner ce qu'ils croient être la terre promise et qui perdent la vie avant de toucher le rivage. Et vous n'acceptez pas que le monde qui n'a jamais été aussi riche laisse autant de pauvres sans perspective.
Vous voyez la planète saccagée et vous êtes révoltés de voir l'humanité danser sur un volcan.

Au milieu de tant d’espoirs, de rêves et de promesses que vous offre le monde, au milieu de tous les obstacles que la société dresse devant vous et qui vous empêchent de prendre votre élan j'ai conscience que la jeunesse hésite sans cesse entre la joie de vivre et la peur de vivre.
Le jeune internaute qui s’enferme dans son monde virtuel a peur du monde réel comme le jeune qui s’enferme dans son quartier a peur du monde extérieur. Le jeune qui allonge indéfiniment ses études a peur du monde du travail, comme le jeune qui se drogue a peur de lui-même.
Mais on ne peut pas vivre en s’enfermant ou en fuyant.


Je vous demande de m'aider à agir si vous ne voulez pas subir.
Dans la vie il y a les spectateurs et il y a les acteurs. Il y a ceux qui regardent et il y a ceux qui agissent, ceux qui ont des désirs et ceux qui les réalisent.
La France a besoin des rêves et des désirs de sa jeunesse. Mais à quoi servent les rêves inaccomplis ? Désirer une France nouvelle sans être capable de la construire ou bien chercher à la construire sur des utopies comme les trente cinq heures c’est se condamner à l'échec. La France sera réveillée par ceux qui se lèvent tôt, par ceux qui retroussent leurs manches pour réaliser leurs rêves. Oui, il est possible de construire la France dont vous rêvez et je veux la construire avec vous. Nous la construirons ensemble.


Je ne suis pas venu pour proposer le nième plan quinquennal pour la jeunesse.
Je suis venu vous demander d'être l'âme du changement, d'être les acteurs d'une rupture dont je suis certain, qu'au fond de vous-même, vous l'appelez de vos vœux. Je vous demande par dessus tout de recommencer à espérer parce que si nous sommes ensemble, unis, déterminés, tout sera possible.


Vous voulez la vérité ! Cela tombe bien : je refuse le mensonge !


La vérité c’est qu’à vous maintenir indéfiniment dans un état de dépendance et d’assistance, on risque de vous faire perdre l’estime de vous-mêmes.

La vérité c’est qu’on ne rend pas service à la jeunesse en dépréciant l’effort.

On ne rend pas service à la jeunesse en disqualifiant le mérite.

Pourquoi travailler à l’école si la société ne reconnaît pas la valeur du travail ?

Comment croire à la valeur de l’effort si l’école ne l’a pas inculqué ?

(…)

Vous voulez l’égalité ! Je la veux avec vous.

Je veux que la société vous permette de devenir des adultes, des adultes comme les autres, avec les mêmes devoirs mais aussi les mêmes droits, et la même considération, pas des adultes qu’on traite comme des enfants, pas des adultes qu’on met deux ans à l’essai, qu’on peut licencier sans explication, qu’on peut payer avec un demi-SMIC, pas des adultes au rabais mais des adultes à part entière qu’on respecte, dont on reconnaît le talent, la compétence, le travail, à leur juste valeur. Des adultes auxquels leur travail procure de quoi se loger, de quoi vivre, de quoi fonder une famille.

Je veux pour vous les mêmes opportunités quand vous avez fait les mêmes études et ce, quel que soit le quartier d’où vous venez, quelle que soit la consonance de votre nom, ou la couleur de votre peau.

Vous voulez la justice et l’équité entre les générations parce que les générations qui vous ont précédés ont les créances et que vous aurez les dettes.

(…)

Par Patrick Salmon
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Dimanche 15 octobre 2006

Nicolas Sarkozy, président de l'UMP

 "Notre République" 
Périgueux Jeudi 12 octobre 2006

(...)
En France l’Etat a une importance qu’il n’a nulle part ailleurs. 
C’est l’Etat qui a fait la France. 
C’est l’Etat qui a forgé la nation et qui en a maintenu l’unité. 
C’est l’Etat, tour à tour administrateur, militaire, instituteur, entrepreneur qui nous a faits ce que nous sommes.
Toujours, l’effondrement de l’Etat a coïncidé avec l’effondrement de la nation.
Nous ne moderniserons pas la France et nous ne conforterons pas la République sans refaire l’Etat.
Je récuse l’étatisme et le dirigisme.
J’ai la conviction que l’Etat n’a pas vocation à se mêler de tout, à intervenir partout.
J’ai dénoncé plus que quiconque les dérives et les excès de l’Etat-Providence qui ont contribué à créer un climat délétère d’irresponsabilité, d’assistance et de nivellement.
Je ne suis pas spontanément porté au jacobinisme et au centralisme.
Mais je ne suis pas de ceux qui pensent que c’est en abaissant l’Etat que l’on relèvera la France.
La France pour être forte a besoin d’un Etat fort.
Or, aujourd'hui il est faible parce qu’il est étouffé par son endettement et par sa bureaucratie.
Il est faible parce qu’il se charge de trop de missions qu’il n’a pas les moyens d’accomplir.
Il est faible parce qu’il est miné par les corporatismes et paralysé par les conservatismes. La faiblesse de l’Etat, elle est dans le renoncement politique bien plus que dans la défaillance de l’administration. Quand l’Etat est humilié c’est la France qui est humiliée. Quand l’autorité de l’Etat est bafouée c’est la République qui est bafouée. Quand l’Etat est faible ce sont les plus vulnérables qui en souffrent le plus. Comme en 1958 il faut refaire l'Etat. Sauf que le problème aujourd'hui n'est pas dans la Constitution. Il est dans les comportements, dans les façons de penser, dans la manière de gouverner.
Je veux un Etat respecté.
Je veux un Etat que les fonctionnaires soient heureux de servir et dont les Français soient fiers.
Je veux un Etat exemplaire sur le plan de la diversité et de la lutte contre les discriminations.
Je veux un Etat qui domine les intérêts catégoriels au lieu d’être dominé par eux.
Je veux un Etat qui ne soit pas fragilisé par le laxisme et par la fraude.
Je ne veux pas que ceux qui ne veulent rien faire, que ceux qui ne veulent pas travailler vivent sur le dos de ceux qui se lèvent tôt et qui travaillent dur.
Je ne veux pas que ceux qui fraudent l’assurance chômage, l’assurance maladie, les allocations familiales, ceux qui escroquent le fisc ou les ASSEDIC, ceux qui détournent de l’argent public par copinage ou par favoritisme, continuent à mettre en péril la solidarité nationale. Parce que cela renforce la crise morale et la défiance vis-à-vis de ceux qui sont vraiment dans le besoin.
Il y a beaucoup d’économies à faire dans l’Etat. Mais ce ne sont pas les économies qui feront la réforme, c’est la réforme qui fera les économies. Et c’est la réforme aussi qui fera la croissance.
Depuis 20 ans, on échoue à réformer l’Etat parce que l’on se refuse à y consacrer les moyens nécessaires.
Je propose que soit créé un budget annexe dédié exclusivement à la réforme de l’Etat qui sera abondé par les recettes de privatisation. Je propose que le principe de la gestion de l’Etat soit désormais la productivité et l’efficacité de la dépense publique, et non plus les tours de vis indifférenciés qui accroissent les dysfonctionnements au lieu de les réduire.
Je propose que l’on entreprenne la réforme de l’Etat par l’évaluation des politiques publiques, en supprimant celles qui ne sont pas efficaces ou qui sont contradictoires.
Je propose que l’on supprime tous les organismes, toutes les commissions, tous les comités, tous les observatoires qui ne servent à rien, et qu’on continue de créer à tour de bras pour satisfaire des clientèles ou pour faire croire qu’on est décidé à s’attaquer à des problèmes qu’en réalité on ne veut pas résoudre.

On ne refera pas l’Etat sans les fonctionnaires. A fortiori contre eux. Je veux le dire ce soir : je n’aime pas la façon dont on parle des fonctionnaires dans notre pays.
Chercher à opposer les salariés du secteur public à ceux du secteur privé est dangereux.
Chercher à faire des fonctionnaires le boucs émissaires de la faillite des politiques dont ils ne sont en rien responsables est indigne.
Chercher à faire passer les fonctionnaires pour des privilégiés est injuste.
Les fonctionnaires sont comme tout le monde, ils veulent être reconnus et ils veulent être respectés. Ils sont prêts au changement mais ils veulent y être associés.
Les fonctionnaires ont la sécurité de l’emploi, mais ils ont vécu depuis 25 ans la même dégradation de leurs conditions de travail et de leur pouvoir d’achat que tous les autres salariés.
L’ascenseur social est en panne dans le secteur privé. Il l’est aussi dans le secteur public. La promotion interne s’est ensablée dans les contraintes budgétaires et les méandres de la gestion des corps.
Au fonctionnaire qui se sent mal payé, je dis que ma volonté est qu’il y ait moins de fonctionnaires mais qu’ils soient mieux payés et mieux considérés.
Au fonctionnaire qui se sent démotivé parce que ses efforts ne sont jamais récompensés je dis que mon objectif est que le mérite soit reconnu et les gains de productivité partagés.
Au fonctionnaire qui est prisonnier des règles de gestion des corps je dis que mon objectif est de supprimer la gestion par corps pour la remplacer par une gestion par métier qui ouvrira des perspectives de promotion professionnelle beaucoup plus grandes. Je ne veux pas que la seule voie de réussite soit celle des concours et des examens. L'expérience, cela compte aussi.
A l’infirmière qui veut progresser je dis que je veux lui donner la possibilité d’acquérir une formation complémentaire qui lui permette de devenir médecin par la promotion interne si elle en a l'aptitude et la motivation. Je veux par dessus tout qu'elle gagne plus parce qu'elle le mérite.
Au fonctionnaire qui souffre de la désorganisation créée par les 35 heures, en particulier à l’hôpital, je dis que mon objectif est la remise à plat complète des 35 heures dans le secteur public de sorte que ceux qui veulent travailler davantage et gagner davantage aient le droit de le faire.
Au fonctionnaire de police, au professeur, à l'agent hospitalier, au chauffeur de bus, au contrôleur de la SNCF qui se font insulter, agresser, menacer, je dis que cette violence dont ils sont les victimes est inacceptable et qu’elle doit être éradiquée, parce qu’ils ont droit à leur dignité et parce qu’à travers eux c’est à l’autorité de l’Etat qu’on porte atteinte, c’est la République qu’on offense.
Je veux dire aux juges que je veux une justice respectée.
Je veux dire aux juges que je sais à quel point leurs conditions de travail sont difficiles, à quel point leurs moyens matériels et humains sont insuffisants. Je veux leur dire combien la justice à mes yeux est une institution essentielle de la République.
Mais je veux leur dire aussi que dans la République nul ne peut prétendre se soustraire à la critique. Je veux leur dire que l’indépendance de la justice ne peut les exonérer d’avoir à rendre compte au peuple de la manière dont la justice est rendue en son nom. Je veux rappeler qu’ils ont mission d’appliquer la loi, non de la faire. Je veux rappeler qu’ils ont à juger en fonction du droit et non d’une idéologie. Je veux rappeler qu’ils ont pour fonction de rendre justice aux victimes.
Je veux leur dire que je serai toujours à leurs côtés pour défendre l’indépendance de la justice et l’accroissement de ses moyens. Mais je serai toujours l’adversaire du corporatisme judiciaire, de l’impunité des juges qui ont commis des fautes, d’une justice qui n’aurait d’autre but que d’accorder davantage de considération au délinquant qu’à la victime.
Dans la République, la justice est rendue au nom du peuple. Je propose qu'en correctionnelle, pour les affaires les plus importantes, on introduise le jury aux côtés des magistrats comme c'est déjà le cas en assises.
La parole rendue au peuple, le pouvoir redonné au peuple, c'est ça la République.

La République c’est aussi le civisme, une certaine idée du mérite et de l'équité.
J’ai proposé à la jeunesse de France d’instituer le service civique obligatoire. On m'a répondu que c’était impossible. Nos aïeux ont fait le service militaire obligatoire et nous, nous ne serions pas capables de faire le service civique obligatoire ! De qui se moque-t-on ? Il faut en finir avec cette pensée unique qui dit toujours que ce qui est nécessaire est impossible. C’est ça la rupture !
La République pour moi c’est à chacun selon son mérite.
La République pour moi c’est le travail récompensé. C’est le partage des fruits de la croissance. Ce n’est pas tous les profits pour quelques-uns et rien pour tous les autres.
Je le dis comme je le pense : aujourd’hui en France les prix sont trop hauts et les salaires sont trop bas.
L'euro que j'ai voté à masquer une réelle hausse des prix qui pèse sur le pouvoir d'achat, les 35 heures ont empêché la hausse des salaires.
Bloqué entre la concurrence des pays à bas salaires, l'appréciation de l'euro et le chômage de masse, le salarié français ne voit pas le bout du tunnel de la rigueur salariale alors qu'il doit faire face à l'envolée des prix de l'énergie et de l'immobilier.
Je le dis comme je le pense : il y a en France beaucoup trop de travailleurs pauvres c'est à dire qui n'ont pas la récompense de leurs efforts.
La République pour moi ce n’est pas seulement l’augmentation du SMIC comme le proposent les socialistes. C’est l’augmentation des salaires pour tous ceux qui le méritent.
Je propose que les subventions aux nouveaux Etats membres de l'Europe ne puissent pas servir à alimenter le dumping fiscal à l'intérieur de l'Europe. Ils ne peuvent pas être à la fois suffisamment pauvres pour bénéficier des subventions et suffisamment riches pour baisser leurs impôts. La solidarité européenne, ce n'est pas pour moi des pays qui importeraient nos ressources fiscales pour mieux exporter leur chômage.
Je propose que les heures supplémentaires soient exonérées de toutes charges salariales et de tout impôt pour que ceux qui veulent travailler davantage pour gagner plus puissent le faire.
Je propose que le maintien des exonérations de charges pour les entreprises soit dorénavant conditionné à la hausse des salaires et à la revalorisation des grilles de rémunérations fixées par les conventions collectives.
Je propose que la participation soit débloquée pour libérer du pouvoir d'achat et que toutes les entreprises soient incitées à la mettre en œuvre.
Je propose que les plans de stock-options, lorsqu'une entreprise y recourt, concernent obligatoirement l'ensemble des salariés.
Je propose que la prime pour l'emploi revienne à sa vocation d'origine qui était l'incitation au travail et qu'elle ne devienne pas qu'un complément de salaire qui soit un encouragement à la modération salariale.


La République c'est enfin pour moi une certaine idée de la liberté.
C’est la liberté d’expression et la liberté de conscience qui sont de nouveau menacées par le fanatisme et par l’extrémisme. Nulle divergence d’opinion n’autorise la menace de mort. Nous n’avons pas séparé dans la douleur l’Eglise et l’Etat il y a 100ans pour composer aujourd’hui avec le fanatisme religieux.
La République pour moi c’est la liberté d’aller et de venir sans se faire agresser.
C’est la liberté de choisir sa manière de vivre en fonction de ses aspirations.
C’est la liberté de choisir l’école de ses enfants.
C’est la liberté de travailler plus pour gagner plus ou de travailler moins pour gagner moins.
C’est la liberté pour la femme de choisir d’élever ses enfants et de travailler. C'est pourquoi je propose que toutes les familles de France puissent laisser leurs enfants en études dirigées après les cours sur la base du volontariat et que ces derniers rentrent à la maison leurs devoirs faits.
C’est la liberté d’entreprendre.
C’est la liberté de léguer à ses enfants le fruit de son travail.
C’est l’augmentation du pouvoir d’achat parce que le pauvre n’est pas libre.
C’est l’emploi parce que le chômeur n’est pas libre.
C’est l’effort personnel comme contrepartie de l’aide parce que l’assisté n’est pas libre.
C’est l’éducation et la culture pour chacun parce que l’ignorant n’est pas libre.

(…)

Il faut aider ceux qui veulent s’en sortir à s’en sortir. Cela vaut d'abord pour les bassins d'emploi durement touchés par les fermetures d'activité et les délocalisations. Dans le cadre de la sécurité sociale professionnelle que je propose, les personnes percevant des bas salaires et qui perdent leur emploi doivent pouvoir bénéficier d'indemnités de chômage équivalentes à leur niveau antérieur de rémunération. Ce droit à compensation intégrale doit avoir pour contrepartie l'obligation dûment vérifiée de s'engager immédiatement dans une démarche active de recherche d'emploi. Conjugué à des services de l'emploi plus performants car profondément rénovés, à des droits à formation renforcés à travers la création d'un compte-épargne formation individuel, à un droit du travail simplifié et modernisé pour faciliter les embauches, il offrira des garanties nouvelles à tous ceux qui, malgré les coups du sort, n'ont pas renoncé à vivre debout des fruits de leur travail. Cela vaut ensuite pour les individus qui souffrent des blocages de notre société. Je propose une politique massive de discrimination positive non comme une réparation, non comme une compensation, mais comme un investissement, comme la possibilité donnée à celui qui veut faire des efforts de réussir, d’exploiter ses talents, de tenter sa chance. Je veux qu’on n’aide pas seulement les territoires ou les quartiers mais aussi les personnes. Aménager les territoires, rénover les immeubles c’est bien. Donner de la sécurité, de l’instruction, du travail, des moyens de transport à ceux qui les habitent, c’est mieux. A ceux qui pensent que cela coûtera trop cher, je veux dire que ne pas faire assez pour restaurer le sentiment de l’égalité et de la justice coûterait infiniment plus cher. A ceux qui pensent que la pureté idéologique de la République pourrait en souffrir, je veux dire que la République souffrira bien davantage de la persistance d’injustices intolérables. A ceux qui pensent que les bénéficiaires de la discrimination positive prendront les places des autres, je veux dire qu'il n'en sera rien car des places supplémentaires seront créées à cette fin. C’est la violence née du sentiment d’injustice qu’il nous faut conjurer. Ce sentiment d’injustice, il n’est pas que dans les quartiers défavorisés où s’entassent les enfants d’immigrés. Il est dans les taudis des grandes villes. Il est sur les trottoirs des rues. Il est dans nos campagnes. Il est dans nos usines. Il est dans le cœur de tous les Français auxquels on ne rend pas justice de leurs efforts, de leur travail et de leur peine. Notre République est un chef-d’œuvre mais c’est un chef-d’œuvre qui a besoin d'être conforté. Tous les conservatismes se sont coalisés pour en faire une formule creuse qui sert de paravent ou d’alibi à nos renoncements, à notre immobilisme. La République est une grande idée qu’on a dénaturée. La République est un idéal qu’on a détourné. On dit que la France est vouée au déclin et que les Français n’ont plus la volonté de se battre. On dit que la France n’est pas réformable et que les Français ont peur. On dit que la France est bloquée et que les Français sont fatigués. Vous êtes la preuve vivante du contraire. Vous êtes l’espérance qui ne veut pas s’éteindre. Vous êtes les témoins d’une France qui veut renaître et qui ne craint ni le changement, ni l’avenir. Vous êtes les témoins d’une France qui n’a pas peur de la rupture. La rupture que je souhaite est au cœur de la République. C'est le meilleur de ce que la République nous a donné, en brisant les chaînes et les liens. C'est le message de 1789, de 1848, de l'Appel du 18 juin. Quand un peuple décide de rompre ses entraves pour plus de libertés, plus d'égalité, plus de fraternité. Je vous le promets, nous allons construire une France nouvelle dont vous serez les acteurs. Je souhaite sceller un nouveau pacte avec tous les Français.

Par Patrick Salmon
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Vendredi 17 novembre 2006
Notre 6ème engagement, c'est la valorisation du travail

Notre objectif, c'est le plein emploi. C'est un espoir possible dès lors que s'impose l'éloge du travail et du mérite et que nous sommes décidés à agir fortement et différemment.

Quelles sont nos propositions ?

Pour augmenter notre compétitivité et le pouvoir d'achat des français, nous voulons offrir aux salariés du privé comme aux fonctionnaires le droit et le pouvoir de travailler plus pour gagner plus. Toute heure supplémentaire et toute RTT convertie en temps de travail seront exonérées de charges sociales et d’impôt sur le revenu car nous voulons créer un choc immédiat en faveur des revenus du travail.

Pour donner plus de fluidité au marché de l'emploi, nous proposons de mettre en place un nouveau contrat de travail à durée indéterminée qui sera plus souple pour les entreprises, car la période d'essai sera plus longue, et plus sécurisant pour les salariés car leurs droits augmenteront avec le temps.

Pour assurer la sécurité et la motivation des demandeurs d'emploi, nous suggérons de fusionner l'ANPE et l'UNEDIC et nous proposons surtout "l'assurance salaire et retour à l'emploi" qui permettra au chômeur de conserver l’essentiel de sa rémunération sous la condition de respecter des exigences de formation et les offres d'emploi correspondantes. Ce dispositif original fera l'objet d'une négociation approfondie avec les partenaires sociaux.

Pour marquer la différence entre les revenus du travail et ceux de l'assistance, les aides locales ( cantines, transport, logement…) seraient attribuées sous condition de ressources et non sous condition de statut car la famille qui se lève tôt le matin pour aller "bosser" ne doit pas avoir le sentiment d'être lésée par celle qui, cumulant les aides et allocations, n'en ressent plus la nécessité.

Pour booster nos PME qui constituent le vivier de nos emplois, nous proposons d'expérimenter pendant deux ans une suspension des seuils qui actuellement dissuade bien des entreprises de s'agrandir et nous suggérons de leur réserver une partie des marchés publics.

Toutes ces mesures pour revaloriser le travail nécessitent une véritable réconciliation des Français avec leurs entreprises. Pour nous, l’association du capital et du travail n’a pas pris une ride, et c'est pourquoi nous voulons créer un dispositif incitatif pour les entreprises de moins de 50 salariés pour qu’elles mettent en place, elles aussi, un régime de participation. Celle ci constitue un partage du profit au même titre que les dividendes. Il n’est donc pas normal que, contrairement à eux, elle soit bloquée. Nous supprimerons donc la condition de blocage de la participation et procéderons à un déblocage progressif du capital des Français actuellement stérilisé. Cela représente près de 25 milliards d’euros mobilisables en faveur du pouvoir d’achat.

Au nom de l'éthique et de la confiance économique, nous proposons d'encadrer les conditions dans lesquelles les dirigeants d’entreprises peuvent bénéficier de « retraites chapeau » ou de « golden parachutes ». Quant à l’attribution de stock options, elle devra être couplée à l’ouverture de plans d’actionnariat au bénéfice des salariés.

L'UMP, mesdames et messieurs, veut la société du plein emploi, et il l'entend là stimuler à travers une stratégie de croissance fondée :

- sur une fiscalité maîtrisée, pesant moins sur le travail, mais également, à moyen terme, pesant moins sur les entreprises ( notamment à travers la suppression de l'imposition forfaitaire annuelle et la réforme de la taxe professionnelle ) ;

- sur un investissement public réenclenché et mieux ciblé, à l'exemple des pôles de compétitivité ;

- sur un Etat modernisé, maîtrisant ses dépenses et rationalisant le remplacement des fonctionnaires partant à la retraite, les économies dégagées devant être affectées, pour partie, à la réduction des déficits ;

- et enfin sur une action en faveur du pouvoir d'achat. Il faut agir sur le coût du logement en poursuivant l'effort actuel de construction, en modulant les aides au logement en fonction des loyers réellement versés par les ménages et en engageant une large politique d’accès à la propriété. Il faut également agir sur le prix des biens de consommation en poursuivant la réduction des marges arrière et la déconcentration du secteur de la grande distribution.

Quant à la question des salaires nous préconisons deux actions principales :

 celle, je l'ai dit, sur les heures supplémentaires. Je rappelle que quatre heures de travail supplémentaires, rémunérées 10% de plus et exonérées de charges sociales et fiscales, c’est 15% de salaire net en plus immédiatement ;

 celle de l'élargissement de la grille des rémunérations, notamment en réservant les allègements de charges aux branches qui actualisent la grille de leurs salaires.
Par Patrick Salmon
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Vendredi 24 novembre 2006

Sur le site web "les Echos.fr" le 14 novembre 2006

Contrat unique, CV anonyme, déblocage de la participation : le projet de l'UMP comporte plusieurs mesures que les partenaires sociaux ont rejetées, en majorité ou à l'unanimité, lors des dernières négociations et concertations.

La « rupture » que prône l'UMP la pousse parfois à prendre le contre-pied des positions arrêtées par les partenaires sociaux. C'est le cas lorsqu'elle propose de mettre en place le « contrat de travail unique » que le Conseil d'orientation pour l'emploi (COE), composé de représentants patronaux, syndicaux et d'experts, a rejeté à l'occasion de la publication du rapport sur la « sécurisation des parcours professionnels » (« Les Echos » du 26 octobre). Ce contrat, qui s'appliquerait à toutes les nouvelles embauches, serait, selon l'UMP, « plus souple » pour les entreprises et « plus gratifiant » pour les salariés. Un avis contesté par les membres du Conseil d'orientation pour l'emploi, qui mettent en garde contre plusieurs « risques d'effets pervers » : pour les salariés, le contrat unique serait plus flexible que le CDD, puisqu'il pourrait être rompu à tout moment. Pour les entreprises, il pourrait entraîner la suppression des CDD et des missions d'intérim, ce que refuse le patronat.
L'explosive fusion ANPE-Unedic
En matière d'assurance-chômage, l'UMP suggère de supprimer la dispense de recherche d'emploi, de mettre fin aux retraites anticipées et, surtout, de fusionner l'ANPE (suivi des chômeurs) et l'Unedic (indemnisation des chômeurs). Une mesure explosive que l'actuel gouvernement a renoncé à mettre en oeuvre face à l'hostilité des syndicats gestionnaires de l'Unedic, qui craignent une étatisation du régime.
Les partenaires sociaux sont tout aussi opposés à la généralisation du CV anonyme, que l'UMP appelle de ses voeux « partout où elle est possible », notamment dans les grandes entreprises et à l'ANPE. Dans un accord sur la diversité finalisé il y a tout juste un mois, ils ont prévu de faire un bilan d'évaluation des premières expérimentations avant le 31 décembre 2007, sans qu'il ne soit question d'une généralisation d'ici là. Le gouvernement actuel a d'ailleurs suivi leur recommandation en renonçant à publier le décret rendant obligatoire le CV anonyme, en application de la loi du 31 mars 2006 sur l'égalité des chances.
La proposition de débloquer la participation sans avoir à respecter de délai (cinq ans actuellement) risque de faire bondir le patronat et les syndicats. Après l'avoir envisagé, le gouvernement a renoncé à ramener ce délai à trois ans et le projet de loi qui vient d'être adopté se contente d'élargir les cas de déblocage (financement d'études supérieures, etc.). Enfin, les orientations de l'UMP en matière de dialogue social vont à contre-courant des concertations menées ces trois derniers mois par Gérard Larcher, ministre délégué au Travail. Le parti de la majorité veut développer la négociation « à l'échelon des entreprises », alors que les syndicats y voient un danger majeur pour la défense des salariés, notamment dans les petits établissements.
                                                        LUCIE ROBEQUAIN (Les Echos.fr du 14 novembre 2006)

Par Patrick Salmon
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Jeudi 7 décembre 2006

En Saône-et-Loire, Nicolas Sarkozy plaide pour que le travail soit remis "au centre des valeurs" de la société française

 

En déplacement en Saône-et-Loire, Nicolas Sarkozy a redit lundi son souhait de "remettre le travail au centre des valeurs" de la société française en proposant une "révolution économique pour ceux qui veulent travailler plus".

 

"Le travail ça émancipe, le chômage ça aliène", a-t-il répété aux différents salariés qu'il a rencontrés sur le site de Chalon Photochimie (qui emploie une centaine d'anciens salariés de chez Kodak) et de l'usine Areva à Saint-Marcel, spécialisée dans la réalisation industrielle de chaudières nucléaires.

 

"Pourquoi empêcher les gens de travailler un dimanche 24 décembre s'ils le souhaitent?", a-t-il notamment demandé. "Si les salariés n'ont pas d'argent à dépenser, à quoi servent les RTT?".

 

Estimant que " la France a besoin de davantage de pouvoir d'achat", le ministre de l'Intérieur a prôné une "société de libre choix", où chacun puisse "travailler plus pour gagner plus". Le ministre de l'Intérieur a ainsi rappelé qu'il souhaitait exonérer les charges sociales des heures supplémentaires.

 

"Depuis la mise en place des 35 heures, il n'y a pas un seul pays au monde qui nous a imité", a martelé Nicolas Sarkozy lors de ce nouveau déplacement en région. En mairie de Mâcon, où il a prononcé un discours devant des centaines d'habitants, le désormais candidat à la présidentielle a opposé sa volonté de "réveiller la France et de la mettre en mouvement" aux idées du Parti Socialiste qui "est devenu le nouveau parti de l'immobilisme".

 

Source : Boursorama d’après Associated Press le 04/12/2006

 

Par Patrick Salmon
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Jeudi 28 décembre 2006

 

Nous allons faire revivre l’espoir

 

Intervention de M. Nicolas SARKOZY
Discours pour la France qui souffre
Charleville-Mézières – lundi 18 décembre 2006

 

La France qui souffre ce n’est pas seulement celle des exclus, celle des désespérés, celle des laissés-pour-compte, celle des sans-domicile, celle des pauvres sans travail.

 

La France qui souffre c’est aussi celle des travailleurs pauvres, de tous ceux qui estiment ne pas avoir la récompense de leur travail, de leurs efforts, de leurs mérites. Celle qui sait qu'avec le SMIC on n’arrive plus à se loger, celle des temps partiels subis, celle des mères isolées qui ne peuvent pas travailler à temps plein parce qu’elles n’ont pas les moyens de faire garder leurs enfants. C’est la France des salariés de l’industrie qui vivent dans la hantise des délocalisations, des cadres qui redoutent à 50 ans de faire les frais de la prochaine réorganisation et de ne plus avoir de place dans l'économie et la société. C'est aussi celle des artisans, des agriculteurs, des pêcheurs écrasés de charges et de contraintes et qui n’arrivent plus à faire face. C’est la France des classes populaires qui a peur de l’exclusion et celle des classes moyennes qui a peur du déclassement.

 

(…)

 

Je ne suis pas venu vous dire de prendre votre mal en patience, ni de renoncer à tous les acquis sociaux pour affronter la concurrence de l’Inde et de la Chine. Je ne suis pas venu vous proposer de résoudre les problèmes du XXIe siècle avec les solutions du XIXe siècle.

 

Je suis venu vous dire que je n'accepte pas que la France soit un pays où l’on s’appauvrit en travaillant parce que le travail ne paie plus assez, qu'il n'est pas assez respecté, n'est pas assez valorisé, n'est pas récompensé.

 

La politique économique fondée sur les 35 heures, le partage du travail, les idées socialistes que nous n'avons pas assez profondément remises en cause, a conduit depuis 25 ans à l’austérité salariale et aux prélèvements obligatoires qui étranglent le pouvoir d’achat. Il y a un grave problème de pouvoir d'achat en France.

 

Depuis 25 ans; on n'arrive pas à enrayer la dégradation du niveau de vie des jeunes actifs par rapport à celui de leurs parents.

 

Depuis 25 ans l’ascenseur social fonctionne de moins en moins bien.

 

Depuis 25 ans on a trop dévalorisé le travail, et on a ainsi freiné la croissance et donc créé du chômage.

 

Depuis 25 ans, avec les meilleures intentions du monde on cherche davantage à rendre la pauvreté supportable qu’à l’éradiquer.

 

Depuis 25 ans on cherche davantage à rendre vivable la précarité plutôt qu’à la combattre.

 

Depuis 25 ans nous nous contentons de guetter et d'espérer dans les soubresauts de la conjoncture internationale.

 

 

Depuis 25 ans nous sommes confrontés, à une forme insidieuse de capitulation sociale à laquelle la mondialisation et l’Europe servent d’alibis. Cette capitulation est le fruit d'une multitude de renoncements devant l'ampleur des changements que nous imposent les bouleversements sans précédent qui sont en train de transformer le monde.

 

Notre ambition est celle de suivre en moins bien la croissance mondiale et de subir en un peu moins pire la crise lorsqu'elle arrive. Nous manquons d'ambition parce que nous n'avons plus confiance en nous-mêmes.

 

Grâce au quinquennat de Jacques CHIRAC, nous avons cessé de capituler face à la délinquance, au déclin industriel, à l'immigration non maîtrisée, à l'endettement public. Nous avons cessé de capituler sur le front de la rénovation urbaine, sur celui des politiques de l'emploi, sur celui de la défense. Mais il nous faut aller plus fort et plus loin. Il nous faut plus d'imagination, plus de volonté. Il nous faut passer du renoncement à l'audace.

 

Ce renoncement est une faute. Le cacher serait une faute plus grave encore. Il faut du courage pour poser le bon diagnostic. Je le fais car je ne veux pas que demain ressemble à hier.

 

(…)

 

Donner toujours raison aux emballements du marché, sacrifier le long terme au court terme, l’industrie à une exigence de rentabilité déraisonnable et l’emploi aux seuls cours de Bourse est un renoncement.

 

Ce renoncement donne le pouvoir aux prédateurs au détriment des entrepreneurs. Il fait passer la spéculation avant la production. Or je veux être celui qui soutient les entrepreneurs et encourage la production, car il nous faut créer de la richesse si nous voulons faire reculer la pauvreté, la précarité, l'exclusion.

 

Je veux que ceux qui trichent soient punis car je ne veux pas parler aux tricheurs, aux fraudeurs, aux truqueurs.

 

Je veux que les stock options soient distribuées à tous les salariés et pas seulement à quelques privilégiés parce que tous contribuent à la richesse de l'entreprise.

 

Je veux que la transparence soit plus grande sur la rémunération des dirigeants et que les actionnaires aient leur mot à dire car il n'y a aucune honte à récompenser le risque qui est pris.

 

Je veux que ceux qui créent des emplois et des richesses puissent jouir des fruits de leur réussite, mais je veux que ceux qui échouent supportent la sanction de leur échec.

 

Je veux que le capitalisme familial soit encouragé parce qu’il s’inscrit davantage dans la durée que le seul capitalisme boursier.

 

Je veux que la logique industrielle compte autant que la logique financière.

 

Je veux que les entreprises qui investissent et qui créent des emplois payent moins d’impôts sur les bénéfices que celles qui désinvestissent et qui délocalisent.

 

Je veux que les allégements de charges soient supprimés pour les entreprises qui font des profits et qui n’augmentent jamais les salaires car ce n'est pas à l'Etat de compenser la rigueur salariale.

 

Je veux moraliser le capitalisme financier parce que c’est la condition nécessaire pour réconcilier les Français avec l'économie.

 

(…)

 

Je propose que l'Etat favorise l'orientation de l'épargne vers la création et le développement de nos entreprises. Je propose que l’Etat conduise une véritable politique de la commande publique au service d’une ambitieuse stratégie industrielle et au profit des PME comme le font les Américains. Je ne vois pas pourquoi ce qui est acceptable pour l’Organisation Mondiale du Commerce en Amérique ne le serait pas en Europe.

 

 

Accepter la fin de l’industrie comme une fatalité est une erreur stratégique.

 

La nouvelle économie transforme l’ancienne, elle ne la fait pas disparaître. La nouvelle économie n’a fait disparaître ni la sidérurgie, ni la mécanique, ni le textile. Les services ne feront pas disparaître l’industrie.

 

Beaucoup de services sont des services à l’industrie. La désindustrialisation comme fatalité est une impasse. Quand toutes les usines seront parties en Inde ou en Chine, tout le reste suivra. Les services aux entreprises partiront et les laboratoires aussi. La Chine et l’Inde ne manquent ni de savants, ni d’ingénieurs, ni de gestionnaires.
Je propose que soit mise en œuvre une politique de filières qui permette à la France d’exploiter ses atouts et de tirer le meilleur parti de ses avances technologiques et de son image de marque dans le nucléaire, le ferroviaire, l’espace, l’automobile, la santé, l’agro-alimentaire, le tourisme ou le luxe, ou encore dans les technologies propres où la France est en mesure, si elle s’en donne les moyens, de prendre un avantage décisif.

 

Je ne peux accepter le gâchis de la désindustrialisation, je ne peux accepter que tant d’hommes soient broyés par une logique économique à courte vue ou laissés pour compte parce qu’ils ne correspondent plus aux critères de performance à la mode, je ne peux l’accepter parce que c’est un effroyable gaspillage humain et parce que la cohésion sociale est aussi un facteur de compétitivité. Je ne peux pas accepter l’idée d’abandonner à leur malheur des territoires et des hommes frappés par le sort alors que très souvent il suffirait de si peu pour les remettre en selle.

 

Je propose que l’Etat se donne les moyens d’investir dans les bassins industriels en difficulté pour les réindustrialiser en y développant des activités nouvelles.

 

Je ne veux pas qu’on abandonne les Ardennes à leur sort.

 

Je ne veux pas non plus qu’on en fasse le laboratoire d’une France sans industrie. Je ne veux pas qu’on en fasse un parc naturel, une réserve où les usines seraient des musées.

 

Les Ardennes cesseraient de vivre et ce serait une perte irréparable. Alors que quelques kilomètres de voies ferrées et d’autoroute suffiraient à les remettre au carrefour de l’Europe et à les désenclaver, et qu’un pôle de compétitivité permettra peut-être de faire naître ici un jour la métallurgie du futur.

 

Cet abandon serait une capitulation de plus.

 

 

Opposer le salaire à l’emploi est une erreur.

 

Le salaire n’est pas l’ennemi de l’emploi.

 

L’emploi fait augmenter les salaires.

 

L’augmentation des salaires crée de la demande.

 

La demande crée de la production et de nouveaux emplois.

 

La vraie politique de l’emploi c’est la politique du pouvoir d’achat. La vraie politique du pouvoir d’achat c’est la politique de l’emploi. Le chômage de masse tire les salaires vers le bas. La baisse du pouvoir d’achat entretient le chômage.

 

Je veux une politique qui, en stimulant la croissance et en faisant reculer le chômage, réduira les déficits et fera monter les salaires.

 

Pour gagner dans la mondialisation, il faut investir plus que les autres et avant les autres. C’est comme cela que nous ferons de la croissance. C’est comme cela que nous créerons de l’emploi et du pouvoir d’achat.

 

La France doit réduire ses dépenses publiques mais elle n’a pas besoin d’une cure d’austérité de plus, elle a d'abord besoin d’une politique de réformes et de croissance.

 

Je vous propose une politique d’efforts et non une politique de sacrifices.

 

Je vous propose une politique de hausse du pouvoir d’achat.

 

Depuis trop longtemps la France cherche à rétablir ses équilibres en diminuant ses dépenses d’investissement au lieu de diminuer ses dépenses courantes.

 

Depuis trop longtemps la France sacrifie ses dépenses d’avenir parce que personne n’a le courage de toucher aux dépenses du passé.

 

Je suis venu vous proposer de tailler dans la dépense improductive et de donner la priorité à l’investissement.

 

Je suis venu vous proposer de pourchasser tous les gaspillages, de supprimer tous les organismes qui ne servent à rien, de liquider toutes les politiques inefficaces, de combattre toutes les fraudes, de réformer l’Etat pour qu’il soit plus concentré sur ses missions essentielles, d’augmenter la productivité des services publics.

 

Je suis venu vous proposer de respecter une règle simple : les dépenses courantes doivent être intégralement financées par l’impôt, les dépenses d’investissement peuvent être financées par l’emprunt.

 

Je propose d’investir massivement dans l’enseignement supérieur et dans la recherche après avoir donné à nos universités une plus grande autonomie.

 

Je propose de donner aux Français la possibilité de s’endetter davantage pour investir. Il faut donner à tous ceux qui ont des projets les moyens de les financer grâce à du capital risque public, à des prêts à taux zéro, à un système de cautionnement public qui mutualise les risques et qui permette à ceux qui ne peuvent pas apporter de garanties d’accéder au crédit.

 

Je propose que le crédit d’impôt recherche soit porté à 100% pour stimuler l’effort de recherche des entreprises.

 

 

Le partage du travail est une régression sociale.

 

Les 35 heures ont freiné les salaires et le pouvoir d’achat.

 

Je vous propose de passer d’une logique du partage à une logique de création.

 

Je propose que celui qui veut travailler plus pour gagner davantage ait le droit de le faire parce qu’il ne sert à rien d’avoir plus de temps libre quand on n’arrive plus à boucler ses fins de mois.

 

Je propose que les heures supplémentaires soient exonérées de charges sociales et même d’impôts parce que tout le monde y gagnera.

 

Et cela vaut pour les fonctionnaires aussi bien que pour les travailleurs du secteur privé. Le service public y gagnera lui aussi. Qui ne se rend compte que l'hôpital souffre encore des désorganisations qui ont suivi les 35 heures ? Qui pourrait refuser à nos infirmières, à nos aides soignantes qui font un travail extraordinaire et tellement difficile de travailler plus pour gagner plus si elles le souhaitent ?

 

Mais comment prétendre qu’on veut lutter contre le chômage si on surtaxe le travail ?

 

Je ne comprends pas comment on peut prétendre rivaliser avec les pays à bas salaires si l’on augmente sans cesse le coût du travail ?

 

Je ne comprends pas comment on peut prétendre qu’on veut plus de pouvoir d’achat pour les salariés si l’on ne cesse d’alourdir les charges sur le travail ?

 

Je propose qu’on bascule sur une fiscalité écologique une partie des charges qui pèsent sur le travail.

 

Je propose qu’on taxe les pollutions plutôt que le travail.

 

Je propose que toute réforme des prélèvements obligatoires ait désormais pour objectif principal l’allégement de l’imposition du travail parce que dans l’économie mondialisée c’est une nécessité vitale.

 

 

Notre droit du travail qui décourage l’embauche sans protéger du chômage est une régression sociale.

 

Pour supprimer un frein à l'embauche et pour diminuer la précarité, je propose qu’on protège moins les emplois et davantage les personnes, grâce à la création d’un contrat de travail unique, à durée indéterminée, à droits progressifs, plus souple en matière de licenciement économique, et d’une sécurité sociale professionnelle qui sécurise mieux les parcours individuels. Quand on change d'emploi on doit être mieux protégé. Et c'est parce que l'on sera mieux protégé que l'on changera plus facilement d'emploi.

 

 

Accepter la logique de l’égalitarisme c'est du socialisme. Et je ne suis pas socialiste.

 

Il faut sortir de cette logique absurde du nivellement qui tire toute la société vers le bas en l’amputant de tous ses talents, en la privant de ses jeunes les mieux formés, les plus entreprenants, les plus imaginatifs, les plus audacieux.

 

Il faut sortir de cette politique qui consiste à déshabiller Pierre pour habiller Paul. Il faut sortir de cette double impasse de la politique qui punit la réussite et de la politique du chacun pour soi.

 

 

 

Depuis 25 ans l'absence d'espoir et le renoncement devant la fatalité démoralise la société.

 

Depuis 25 ans nous renonçons face à l’exclusion, à la précarité et à la discrimination.

 

Depuis 25 ans nous échouons face à la pauvreté.

 

Depuis 25 ans nous nous inclinons devant la crise de l’école et la crise des valeurs.

 

Depuis 25 ans nous capitulons devant le conformisme et la bonne conscience.

 

Cette capitulation se cache derrière de grands mots et de grands principes qui servent de paravents aux égoïsmes.

 

On a capitulé devant l’idéologie de mai 68.

 

On a capitulé devant la logique de l’assistance.

 

On a capitulé devant l’immigration non maîtrisée.

 

On a capitulé devant le communautarisme.

 

On a capitulé devant une conception formelle et dogmatique de l’égalité.

 

(…)

 

 

Vous pouvez accéder à l’intégralité du discours en cliquant sur ce lien :

 

http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/discours/nous_allons_faire_revivre_l_espoir

 

 

Par Patrick Salmon
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Mardi 16 janvier 2007

(...) Notre modèle républicain est en crise. Cette crise est avant tout morale. Au coeur de celle-ci il y a la dévalorisation du travail. Le travail c’est la liberté, c’est l’égalité des chances, c’est la promotion sociale. Le travail c’est le respect, c’est la dignité, c’est la citoyenneté réelle. Avec la crise de la valeur travail, c’est l’espérance qui disparaît. Comment espérer encore si le travail ne permet plus de se mettre à l’abri de la précarité, de s’en sortir, de progresser ? Le travailleur qui voit l’assisté s’en tirer mieux que lui pour boucler ses fins de mois sans rien faire ou le patron qui a conduit son entreprise au bord de la faillite partir avec un parachute en or finit par se dire qu’il n’a aucune raison de se donner autant de mal.

 

Le travail est dévalorisé, la France qui travaille est démoralisée. Le problème c’est que la France travaille moins quand les autres travaillent plus. Le plein emploi est possible chez les autres. Il l'est aussi chez nous. Il faut aimer le travail et pas le détester. Le problème c’est qu’il n’y a pas assez de travail en France pour financer les retraites, l’allongement de la durée de la vie, la dépendance, la protection sociale, pour faire fonctionner notre modèle d’intégration.

 

 

Longtemps la droite a ignoré le travailleur et la gauche qui jadis

 

s’identifiait à lui a fini par le trahir. Je veux être le Président d’une France qui remettra le travailleur au coeur de la société. Je veux proposer aux Français une politique dont le but sera la revalorisation du travail. Quand on facilite l’endettement des ménages pour financer les créations d’entreprises ou l’achat d’une voiture indispensable pour aller travailler, on favorise le travail. Je veux créer un système de cautionnement public qui mutualise les risques et permette d’emprunter à tous ceux qui ont un projet. Quand on investit plus on construit un avenir pour les travailleurs. C’est pourquoi je veux porter le crédit d’impôt recherche à 100%. C’est pourquoi je veux que les entreprises qui investissent et qui créent des emplois paient moins d’impôt sur les bénéfices. C’est pourquoi je veux que l’Etat se donne les moyens d’investir dans les bassins économiques en déclin pour les réindustrialiser et non pas seulement pour financer des départs à la retraite anticipés. Quand les entreprises savent qu’elles pourront licencier en cas de difficulté, elles embauchent plus facilement. Je veux protéger les personnes plutôt que les emplois. Je veux sécuriser les parcours professionnels plutôt qu’empêcher les licenciements. Je veux créer un contrat unique à durée indéterminée qui remplacera les contrats précaires et qui permettra aux salariés d’acquérir progressivement des droits. Je veux que les bas salaires soient garantis en cas de perte d’emploi, en contrepartie de l’obligation de ne pas refuser plus de deux offres d’emplois successives. Quand on est indemnisé par la société on doit accepter l'offre d'emploi correspondant à vos qualifications qui vous est proposée. Le travail n'est pas assez récompensé, valorisé, respecté. Et c'est pour cela que le pouvoir d'achat est trop faible car les salaires sont trop bas et les charges trop lourdes. Il faut augmenter le pouvoir d’achat. Les socialistes promettront de travailler moins, moi je veux que les Français gagnent plus. Je veux être le Président de l'augmentation du pouvoir d'achat. Je veux être celui qui vous garantit que si vous travaillez plus, si vous prenez plus de risque, si vous vous engagez plus, vous gagnerez davantage. Je veux être le Président du peuple qui a bien compris que les RTT ne servent à rien si on n'a pas de quoi payer des vacances à ses enfants. Je veux l'exonération de charges sociales et de l'impôt sur le revenu pour les heures supplémentaires pour qu'enfin on comprenne en France que le travail est une émancipation, que c'est le chômage qui est une aliénation. C'est pour cela que je veux que chaque Français puisse transmettre en franchise d'impôt sur les successions le fruit d'une vie de labeur. On n'a pas à s'excuser d'avoir un patrimoine en contrepartie de son travail. La France doit accueillir les patrimoines et pas les faire fuir. Quand il y a moins de richesses dans un pays ce sont les plus pauvres qui en pâtissent. Partager ce qu'on n'a plus ne fait pas la prospérité d'un peuple. Je veux que l'Etat soit contraint de laisser à chacun au moins la moitié de ce qu'il à gagné. Je veux un bouclier fiscal à 50% y compris la CSG et la CRDS.

 

Tout vaut mieux que de taxer l’homme au travail.

 

Tout vaut mieux que de taxer le travailleur qui crée la richesse.

 

Je veux taxer le pollueur plutôt que le travailleur.

 

Je veux taxer les importations qui ne respectent pas les normes internationales plutôt que le travail.

 

Je préfère taxer la consommation plutôt que l’emploi.

 

C’est le travail qui crée le travail. Le travail contribuera à rééquilibrer nos finances publiques. Il refera de la France une République fraternelle.

 

 (...)

Par Patrick Salmon
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Mardi 30 janvier 2007

(Reuters – 30 janvier 2007) - Nicolas Sarkozy s'est engagé à rétablir le plein emploi en France, en s'inspirant du modèle britannique. 

"Le plein emploi est possible en France. C'est un engagement que je prends", a déclaré le candidat UMP à l'élection présidentielle après la visite d'un centre de recherche d'emploi à Londres. 
"Il n'y a pas de raison que d'autres démocraties connaissent le plein emploi et que nous ne le connaissions pas", a-t-il dit. Le ministre de l'Intérieur, qui avait déjeuné auparavant avec le Premier ministre britannique Tony Blair, a fait l'éloge du système mis en place en Grande-Bretagne. "En Angleterre, il y a 4,5% de chômeurs. L'Angleterre est en situation de plein emploi. C'est intéressant de voir comment ils y sont arrivés", a-t-il déclaré. 
Il s'est de nouveau prononcé pour la fusion en France entre l'Unedic, qui verse les allocations chômage, et l'Agence national pour l'emploi (ANPE), qui aide à la recherche d'emploi, sur le modèle de ce qui se fait en Angleterre. 
Il a également estimé qu'en contrepartie du droit à indemnisation il devait y avoir "le devoir d'exercer une activité ou de prendre un travail". "On ne peut pas refuser éternellement une proposition qui correspond à ses ambitions ou à ses compétences", a-t-il ajouté. "C'est ce que les socialistes anglais ont compris".  
Nicolas Sarkozy a réaffirmé qu'il réfléchissait à un contrat de travail unique "qui combinerait les avantages de la sécurité et ceux de la flexibilité". Inspiré du Contrat nouvelles embauches (CNE) réservé aux entreprises de moins de 25 salariés, ce contrat unique permettrait, a-t-il dit, de sortir du "dilemme contrat à durée déterminée/contrat à durée indéterminée" en faisant en sorte que "les droits des salariés se renforcent au fur et à mesure qu'ils ont de l'ancienneté dans le contrat". 
Concernant la nécessité ou non pour un employeur de justifier un éventuel licenciement, Il a affirmé que cela devait fait l'objet d'une discussion avec les partenaires sociaux. "Je considère qu'il n'est pas anormal d'expliquer pourquoi on se sépare de quelqu'un", a-t-il déclaré. 
Le CNE, dont le Parti socialiste va demander le 6 février prochain l'abrogation devant l'Assemblée, permet à l'employeur de licencier sans motif un salarié signataire de ce contrat, dans les deux ans suivant son embauche.

A lire sur Agoravox :

La réalité en trompe-l’œil du modèle britannique
http://www.agoravox.fr/print_article.php3?id_article=18887&format=print

Par Patrick Salmon
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Mercredi 31 janvier 2007

Extraits de l’entretien de Nicolas Sarkozy au Figaro

 

 

Nicolas Sarkozy : "Travail, autorité, responsabilité"

 

Propos recueillis par Aléxis Brézet, Charles Jaigu, Bruno Jeudy et Judith Waintraub.

 

 Publié le 30 janvier  PAR Le Figaro

 

 

(…)

 

Vous parliez des valeurs de la droite. Quelles sont-elles ?  

 

Au premier rang, je mettrai la valeur travail dont l’oubli résume à mes yeux toute la crise morale française. Le travail a été délaissé par la droite et trahi par la gauche. Les socialistes ne parlent plus des travailleurs, c’est un signe. Je veux être le candidat du travail. C’est ma cohérence et le ciment de mon projet. La deuxième valeur, c’est le respect. L’erreur de mai 68, c’est d’avoir pensé faire le bonheur de l’élève en le considérant comme l’égal du maître. Or, si l’élève a vocation à dépasser le maître, il doit respecter son autorité. Enfin, il y a la valeur de responsabilité. Je considère qu’il n’existe pas de droit sans devoir en contrepartie. Je demande que nul ne puisse refuser plus de deux offres d’emploi qui correspondent à sa qualification. Je demande aussi qu’il n’y ait pas de minimum social sans une obligation d’activité en contrepartie.

 

 

Avec ce discours, est-ce que vous ne refaites pas aux Français le coup de la « fracture sociale » ?  

 

La fracture sociale c’était défendre les pauvres sans travail. Je veux qu’on oublie pas les travailleurs pauvres. Je ne promets pas plus d’assistance, mais plus de travail. Je suis contre l’égalitarisme, l’assistanat, le nivellement, pour le mérite, la juste récompense des efforts de chacun, et la promotion sociale. 

 

 

Sur la valeur travail, l’immigration ou l’éducation, Ségolène Royal ne dit-elle pas la même chose que vous ?

 

Les socialistes proposent de travailler moins. Moi, je propose de gagner plus. Jusqu’à présent, la candidate socialiste ne nous a pas fait l’honneur de nous dire ce qu’elle proposait sur les 35 heures. Moi, je le dis très simplement: je veux que les 35 heures soient un minimum, pas un maximum. Sur les clandestins, c’est clair : si je suis président de la République il n’y aura pas de régularisation globale. Est-elle prête à prendre le même engagement ?

 

 (...)

Chômage. Editorial

 

Escroquerie

 

Par Renaud DELY

 

QUOTIDIEN LIBERATION : mercredi 31 janvier 2007

 

Il faut se méfier des simplificateurs. Leurs effets de manche n'ont souvent d'autre but que de masquer leur nature de démagogue. Ainsi va Nicolas Sarkozy en matière de droit du travail. L'intéressé, c'est connu, aime l'ordre. Il entend le ramener aussi dans le champ social et élaguer le maquis des contrats de travail qui n'a cessé de s'épaissir depuis trente ans à mesure que la marée du chômage montait. Sus aux CDI, CDD et contrats aidés de toute nature, place au «contrat unique» ! Fleurant ce bon sens que le candidat-ministre flatte chez l'électeur, le slogan est séduisant. Il a tout de l'escroquerie. Qui ne souscrirait à l'idée de rendre plus lisible les mécanismes du marché du travail ? Jeunes diplômés comme salariés précaires, chômeurs comme chefs d'entreprise s'y retrouvent. Pas sûr qu'ils aient tous à y gagner. La preuve : dès que la réalité du «contrat unique» devient plus complexe, Sarkozy se fait étrangement flou. Il loue l'héritage villepinesque du CNE, cette trouvaille qui permet de se débarrasser d'un salarié sans motif, et assure vouloir s'en «inspirer». Mais il envoie le patelin Xavier Bertrand réfuter toute «généralisation» dudit contrat pour rassurer la «France qui souffre». Royal aurait été taxée de gaffeuse pour moins que ça... De même, Sarkozy se cache derrière le totem de la «flexsécurité» scandinave, sans assumer le haut niveau de prélèvements obligatoires qui va avec. Enfin, il brandit l'étendard syndical de la sécurisation des parcours professionnels sans lui donner le moindre contenu crédible. A sa décharge, le patron de l'UMP vient tout juste de se mettre à citer Jaurès et Blum. Et il préfère poser aux côtés de Tony Blair plutôt que de commencer à les lire

 

 

Chômage. Brigitte Reynes, juriste, évalue les propositions de Sarkozy:

 

«Ceux qui enchaînent les CDD risquent d'enchaîner les contrats uniques»

 

Par Sonya FAURE     QUOTIDIEN LIBERATION : mercredi 31 janvier 2007

 

Brigitte Reynes, juriste, est directrice du Lirhe (Laboratoire interdisciplinaire de recherche sur les ressources humaines) à Toulouse.

 

En quoi le contrat unique améliorerait-il le fonctionnement du marché du travail ? 

 

Difficile déjà de savoir de quoi on parle : Nicolas Sarkozy veut-il créer un nouveau contrat qui étendrait le CNE à tous les salariés ? Ou fondre tous les contrats existants dans un modèle unique à période d'essai allongée ? C'est cette dernière solution qu'ont prônée des économistes, comme Pierre Cahuc et Francis Kramarz. Elle aurait un atout, simplifier le maquis des contrats de travail actuels : CDI, CDD, mais aussi CDI de chantier (le contrat s'arrête avec le chantier), CNE, qui lui aussi juridiquement est un CDI, contrats d'intérim, contrats aidés... Le contrat unique permettrait également de mettre fin à la dualité injuste du marché du travail aujourd'hui : d'un côté, les salariés en CDI ­ certes très majoritaires ­ que le droit du licenciement protège. De l'autre, les précaires, des jeunes peu qualifiés surtout.

 

Nicolas Sarkozy dit vouloir accompagner ce contrat d'une sécurisation des parcours professionnels... 

 

Je ne vois pas bien comment. Un exemple : lorsqu'une entreprise aura un besoin temporaire de main-d'oeuvre, pour remplacer un salarié malade par exemple, elle embauchera une personne en contrat unique... pour la débaucher au retour de son salarié. Le risque, c'est que ceux qui enchaînent aujourd'hui les CDD enchaînent bientôt les contrats uniques courts... Le contrat unique ne résoudra pas les problèmes de fond : améliorer la qualification des salariés, mieux accompagner les chômeurs. Et que fait-on avec les CDI vieille version ? Cohabiteront-ils avec les contrats uniques nouvelle formule ? Tout cela me paraît bien irréaliste.

 

Le Medef ou l'ANDCP, une association de DRH, ne défendent pas le contrat unique. 

 

Ils ont tiré les leçons du CNE. Avant tout une grande insécurité juridique. Des employeurs ont été à plusieurs reprises condamnés par les prud'hommes pour des licenciements hâtifs. Les derniers chiffres de l'Acoss (1) montrent que, en décembre 2006, le nombre de CNE potentiellement signés a baissé de 9,2 % en un mois et de 43 % en un an. Ça peut vouloir dire que les employeurs qui avaient besoin de contrats plus souples ont surtout embauché à la création du CNE. Mais aussi que les incertitudes juridiques les freinent. En fait, sous couvert de contrat unique, certains politiques et économistes, comme les milieux patronaux, veulent surtout résoudre la question de la rupture du contrat de travail. Assouplir le droit au licenciement. La question du type de contrat est finalement marginale.

 

(1) L'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale. Ces chiffres sont à prendre avec précaution : il s'agit d'intentions d'embauche, déclarées par les employeurs.

 

Par Patrick Salmon
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