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  • : patricksalmon.over-blog.com Chômage, le FIASCO des politiques Balland Essai ; septembre 2006. Ancien directeur d'une agence locale pour l'emploi, Patrick Salmon est syndicaliste à l'ANPE. Contact auteur : patrick.salmon@cegetel.net
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"Chasse" aux chômeurs et offre valable d'emploi

Vendredi 4 janvier 2008

Des «sanctions» contre les chômeurs qui refuseraient «deux offres acceptables» d’emploi. Sarkozy l’avait évoqué pendant sa campagne, il l’a désormais inscrit au calendrier 2008. Les sanctions n’ont pas été précisées et la définition de l’«offre acceptable» sera fixée par les partenaires sociaux.

Est-ce nouveau ?

Pas vraiment. Depuis la loi Borloo de 2004 et son décret d’août 2005, un chômeur qui refuse une offre peut être sanctionné : suspension de l’allocation chômage temporaire ou définitive par exemple. Ces sanctions sont rarement appliquées. «C’est tout de même de plus en plus fréquent, précise Jacqueline Balsan, du Mouvement national des chômeurs et précaires. Un photographe montpelliérain qu’on avait forcé à suivre une formation de monteur câbleur a été sanctionné pour refus d’un CDD de six mois dans ce créneau à Toulouse !» La proposition de Sarkozy veut préciser et renforcer l’arsenal répressif : les sanctions seraient automatiques au bout de deux offres d’emploi refusées.

Qu’est-ce qu’une «offre acceptable» ?

La notion d’«offre valable d’emploi» a été créée en 1934, par l’Organisation internationale du travail. Elle ne définit qu’un niveau de salaire sous lequel l’offre n’est pas «acceptable». Aujourd’hui, l’acceptabilité varie avec la distance entre emploi et domicile, la stabilité du poste, le niveau de rémunération… Cette notion, de plus en plus floue, devait être discutée en 2007. Patrons et syndicats n’en ont pas eu le temps.

Sanctionner, est-ce efficace ?

«Les exigences à l’égard des demandeurs d’emploi n’ont cessé de s’accroître depuis le début des années 90, y compris sous des gouvernements socialistes, assure Sylvette Uzan-Chomat du bureau national du SNU, premier syndicat de l’ANPE. Mais en vingt ans d’expérience professionnelle, j’ai rarement rencontré des personnes qui refusent un emploi. Ceux qui préfèrent travailler au noir ne sont pas si nombreux. Cette mesure semble faite pour rendre responsable le chômeur de sa situation.» Sophie Hancart, du site Actuchômage, fulmine : «Pour refuser un emploi, encore faudrait-il que l’ANPE en propose !» La menace de sanction permet sans doute de réduire, à la marge, le nombre de chômeurs en les pressant d’accepter des emplois précaires ou sous-payés. «On a vu que les radiations étaient une manière efficace de réduire statistiquement le chômage», ironise Marc Moreau d’Agir contre le chômage !
SONYA FAURE

Par Patrick Salmon
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Lundi 5 mai 2008

L'ANPE propose un emploi à Pondichéry, en Inde, pour un poste d'informaticien niveau Bac+2 spécialisé dans la conception de sites web. La connaissance de l'anglais courant et technique est requise, le salaire proposé est de "10.000 à 20.000 roupies" (soit 160 à 320€) pour 40h hebdomadaires. Cerise sur la gâteau :

"Protection sociale et avantages à négocier".

Le directeur de l'ANPE s'est étonné :

"le salaire proposé est quatre à cinq fois supérieur au salaire moyen en Inde".

Combien de mois de salaire pour se payer un aller-retour Pondichéry-Paris ?

L'offre payée en roupies émane d'une agence web fondée en 1997 en Charente-Maritime à Jonzac, développant des services internet, et délocalisée à Pondichéry depuis 2007 sous le nom de Hangar 17 ICT. Au moment où l'on fait appel à l'immigration clandestine pour soit-disant, satisfaire des offres d'emplois, il apparaît de plus en plus évident que ces affaires ont pour objectif d'accroître la pression sur les salaires, pour le plus grand profit des patrons-voyous.

Par Patrick Salmon
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Lundi 5 mai 2008

PARIS (AFP) - Une offre d'emploi "low cost" à Pondichéry, en Inde, rémunéré en roupies indiennes l'équivalent de 160 à 320 euros par mois, a déclenché la polémique ce week-end entre l'ANPE, des syndicalistes et le PS, alors que le gouvernement s'apprête à durcir les obligations pour les chômeurs.

Révélée par Le Parisien, cette offre à prix cassé porte sur un poste d'informaticien niveau Bac+2 spécialisé dans la conception de sites web.

La connaissance de l'anglais courant et technique est requise, le salaire proposé à "10.000 à 20.000 roupies" pour "40H00 hebdomadaires", selon l'offre consultable dimanche sur le site ANPE. "Protection sociale et avantages à négocier", précise l'annonce, dont le PS a demandé le "retrait immédiat".

Pour Alain Lecanu du syndicat des cadres CFE-CGC, "c'est incroyable, la mention +protection sociale à négocier+, c'est carrément du marchandage".

Selon lui, "cela montre bien qu'on a beaucoup de travail à faire sur la qualité des offres d'emploi" disponibles, au moment où le gouvernement s'apprête à durcir la législation pour la rendre plus coercitive et obliger les salariés au chômage à accepter un emploi, même moins payé ou plus éloigné que souhaité.

"Est-ce que, pour le gouvernement, cela fait partie des offres raisonnables d'emploi?", s'est-il interrogé, à deux jours d'une première grande réunion tripartite sur l'avenir de l'assurance chômage, avec les syndicats, le patronat et la ministre de l'Economie et de l'Emploi Christine Lagarde.

"C'est une offre difficile à refuser en tant qu'agent ANPE, car elle correspond aux salaires légaux indiens", a réagi Bernie Billey, déléguée CFDT à l'ANPE, qui est néanmoins "choquée" car "cela ressemble plutôt à un stage" et "étonnée car il y a beaucoup d'informaticiens de qualité en Inde".

"Pourquoi expédier quelqu'un là-bas ? Même en admettant qu'on puisse vivre correctement avec ce salaire, encore faut-il se payer le billet aller-retour", dit-elle.

Interrogé sur RTL, le directeur de l'ANPE, Christian Charpy, s'est étonné de la polémique: "le salaire proposé est quatre à cinq fois supérieur au salaire moyen en Inde. Chacun est libre de faire ou non une expérience d'expatriation et je ne vois vraiment pas pourquoi on se pose la question de savoir si cette offre est légitime ou pas légitime".

Parmi ses 3 à 4 millions d'offres collectées chaque année, l'ANPE en propose de nombreuses à l'étranger, mais à des salaires français (comme 20.000 à 35.000 euros annuels pour un poste de développeur informatique à Casablanca au Maroc).

Pour qui veut absolument partir en Inde, une entreprise de transit international cherche par exemple un délégué commercial à New Delhi... payé 20.000 à 40.000 dollars US.

Selon le Journal du Dimanche, l'offre payée en roupies émane d'une agence web fondée en 1997 en Charente-Maritime à Jonzac, développant des services internet, et délocalisée à Pondichéry depuis 2007 sous le nom de Hangar 17 ICT.

Son dirigeant Denis Delcroix, injoignable dimanche, a nié au JDD avoir sollicité l'ANPE mais reconnaît déposer des offres similaires sur d'autres sites de recrutement: "Je suis dans mon droit, je suis une entreprise indienne, j'embauche aux conditions locales", explique-t-il.

"La globalisation du marché m'a amené à ce nouveau positionnement stratégique" afin de "continuer à apporter des solutions toujours plus innovantes, à des tarifs ultra-compétitifs", explique son site à l'adresse des clients, parmi lesquel des marques de cognac du groupe LVMH, collectivités, industriels... et l'ANPE elle-même.

Par Patrick Salmon
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Vendredi 9 mai 2008

Mieux vaut toucher un gros salaire en France qu'en Grande-Bretagne si l'on veut bénéficier de confortables indemnités de chômage. Ou habiter en Belgique si l'on ne veut pas se ruiner en frais de transports pour retourner au travail.

En matière d'assurance-chômage, chaque pays d'Europe a ses règles. Différentes. Fruits de législations revues et corrigées au fil des ans et des intentions à géométrie variable des gouvernements successifs. Au bout du compte, aucune harmonisation : ni des taux de cotisation, ni des conditions d'affiliation, ni des montants minima d'indemnisation : l'Europe sociale - du moins en ce domaine - reste toujours à faire.

De plus, ces chiffres secs recouvrent des réalités très différentes. On nous vante, en France, depuis plusieurs années, les mérites de la « flexsécurité » à la danoise. En fait, il est rarissime qu'un demandeur d'emploi danois soit indemnisé pendant quatre ans. Son marché du travail est tel qu'il a souvent retrouvé un boulot depuis belle lurette. Et pas spécialement parce que l'ANPE locale lui a mis l'épée dans les reins, comme on voudrait nous le faire croire.

En Irlande, l'offre et la demande sur le marché de l'emploi sont inversées par rapport à ce que nous connaissons dans l'Hexagone : les employeurs recourent à l'immigration (Polonais, Lettons...) ou augmentent les salaires pour combler les postes à pourvoir. De la même manière, le taux de chômage flatteusement bas de nos voisins anglais ne doit pas occulter le fait que de plus en plus de Britanniques exercent deux jobs en parallèle (dont un à temps partiel) pour boucler leurs fins de mois.

En Allemagne enfin, force est de constater que la pression exercée sur les demandeurs d'emploi pour leur faire accepter, rapidement, des emplois moins payés n'a pas suffi à faire baisser significativement la courbe du chômage.

En sera-t-il différemment en France ? Sur environ deux millions de chômeurs, un million n'est pas indemnisé. Et l'ANPE raye environ 20 000 chômeurs par an de ses fichiers pour refus d'emploi. On va donc, battage médiatique à l'appui, faire une loi « répressive » pour 1 % de la population au chômage ! Pour prouver quoi ?
Pierre Pinson

Par Patrick Salmon
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Mercredi 21 mai 2008

Le projet de loi visant à renforcer le contrôle des chômeurs sera examiné lundi par les partenaires sociaux, pour une présentation en Conseil des ministres à la mi-juin. Au bout de six mois, les demandeurs d'emploi devront accepter une baisse de salaire de 15 %, au lieu des 20 % annoncés précédemment.

Réduire la durée du chômage pour atteindre le plein-emploi avant 2012. Tel est l'esprit du projet de loi « relatif aux droits et devoirs des demandeurs d'emploi », que viennent de finaliser Christine Lagarde et Laurent Wauquiez, en étroite concertation avec l'Elysée. Composé de deux articles, le texte doit être examiné par les partenaires sociaux lundi, à l'occasion d'un comité supérieur de l'emploi. Il sera présenté en Conseil des ministres le 11 ou le 18 juin, pour un débat au Parlement avant l'été. Cher à Nicolas Sarkozy, le dispositif n'est paradoxalement pas beaucoup plus sévère que ce qui est déjà prévu par la loi. Il instaure des sanctions pour les chômeurs refusant deux « offres raisonnables d'emploi », alors que ce risque existe aujourd'hui, théoriquement (il n'est pas appliqué), dès le premier refus.

Engagements réciproques

Pour inciter les agents de l'ANPE à jouer le jeu, le gouvernement instaure néanmoins deux nouveautés : il définit l'offre raisonnable d'emploi (ORE) selon des critères chiffrés, qui se durcissent au fur et à mesure. « Il est normal d'élargir le champ de la recherche après une certaine durée de chômage », explique-t-il dans l'exposé des motifs. Il instaure, surtout, une logique d'engagements réciproques entre le service de l'emploi et le chômeur, celui-ci ne pouvant pas être sanctionné sans avoir obtenu toutes les prestations promises par son conseiller référent (formation, aide à la mobilité, etc.). La durée de suspension des allocations sera précisée par décret. Aujourd'hui, elle est souvent comprise entre quinze jours et un mois.

La définition de l'ORE a été un peu édulcorée par rapport à celle envisagée le 6 mai à Bercy. Pendant les trois premiers mois de recherche, le demandeur d'emploi sera tenu d'accepter tout emploi rémunéré à hauteur de son salaire antérieur. Entre trois et six mois, il devra accepter une baisse de salaire de 5 %, au maximum.

Version plus acceptable

Bercy a cependant fait quelques concessions à la CFDT, en ajoutant que l'ORE devrait être « adaptée à la formation, aux qualifications [...] et à la situation personnelle et familiale » de chaque demandeur d'emploi, ainsi qu'à la « situation du marché du travail local ». Au bout de six mois, les chômeurs pourront être contraints d'accepter une baisse de salaire de 15 %. Le gouvernement avait envisagé une réduction de 30 %, puis de 20 %, avant de revenir à une version plus acceptable pour les syndicats. Le trajet entre le domicile et le lieu de travail ne pourra pas excéder 30 kilomètres, ni requérir plus de deux heures de transports en commun par jour. Le projet de loi ne fait en aucun cas de distinction entre le CDI et les autres formes de contrat. Un CDD ou une mission d'intérim seraient jugés tout aussi valables qu'un contrat durable.

Au bout d'un an, les conditions d'indemnisation seront nettement plus restrictives : tout emploi rémunéré à hauteur du revenu de remplacement sera jugé acceptable. Pour les personnes indemnisées par l'Unedic, cela correspondra à 57,4 % de leur salaire antérieur, dans le cas le plus courant.

Pour les titulaires de l'allocation spécifique de solidarité (ASS), en revanche, le niveau de salaire requis ne dépasserait pas 14,74 euros par jour ! Cela reste l'un des principaux points de blocage avec les syndicats.

LUCIE ROBEQUAIN
Par Patrick Salmon
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Lundi 26 mai 2008
LE MONDE | 26.05.08 | 15h08  •  Mis à jour le 26.05.08 | 15h08

 e projet de loi "relatif aux droits et devoirs des demandeurs d'emploi" devait être soumis pour avis aux partenaires sociaux, lundi 26 mai, dans le cadre du Comité supérieur de l'emploi. Ce texte, qui comporte deux articles, devrait être présenté en conseil des ministres à la mi-juin, pour une adoption de la loi avant l'été.

 

Les syndicats ont déjà exprimé leur hostilité à ce projet, qui propose de sanctionner les chômeurs refusant deux "offres raisonnables d'emploi" (Le Monde du 8 mai). Cette sanction consistera en une radiation, dont les conditions seront précisées par décret. La nouvelle "offre raisonnable" est évolutive. Plus longue sera sa période de chômage, plus le demandeur d'emploi devra accepter un emploi éloigné de ses exigences initiales. La rémunération proposée pourra être inférieure au dernier salaire et, après un an de chômage, être équivalente à son revenu de remplacement (RMI, allocation de solidarité spécifique...). Le Monde a demandé à Jacques Freyssinet, président du conseil scientifique du Centre d'étude de l'emploi, son avis.

 

Cette approche "dégressive" de l'offre "raisonnable" d'emploi va-t-elle dynamiser le retour à l'emploi des chômeurs ?

 

En annonçant son projet, le gouvernement critiquait la définition de l'offre valable d'emploi inscrite dans le Code du travail, qu'il trouvait trop vague. Si on regarde le projet de loi, il n'y a aucune nouvelle définition, on rend au contraire cette offre indéterminée. On sait seulement qu'elle fera l'objet d'une définition conjointe entre le demandeur d'emploi et l'institution qui remplacera l'ANPE.

Il est positif que le chômeur et son conseiller discutent ensemble de l'objectif. Mais il est problématique que ce soit à partir de cette définition informelle que se déclenchent les sanctions. Le demandeur d'emploi pourra être radié s'il refuse des offres, sur la base d'une définition qui ne sera pas inscrite dans la loi. Tout va dépendre du comportement des agents de l'ANPE et de la relation qui va s'établir entre ces derniers et les chômeurs.

 

Cette politique des droits et devoirs est-elle incitative ou "culpabilisatrice" comme le dénoncent syndicats et associations de chômeurs ?

 

Le gouvernement surfe sur le thème du "faux chômeur". Toutes les fois que l'on promeut une politique justifiant des mesures de contrôle, on est confronté à ce discours démagogique. Quant aux effets incitatifs, je ne connais pas d'expérience permettant de répondre de façon objective. Les études qui ont été menées sur la dégressivité, en cours entre 1993 et 2001 - l'allocation diminuait progressivement pour que le chômeur accepte plus vite un emploi -, ont montré qu'elle n'avait pas d'effet direct.

Les comparaisons internationales révèlent que la pression exercée sur le chômeur, pour être efficace, doit être accompagnée d'actions positives d'aide au retour à l'emploi, formation, orientation...

 

Ne doit-on pas inciter les chômeurs à se porter sur les offres d'emploi non pourvues ?

 

Ces offres d'emploi non pourvues sont de deux ordres. Il y a d'abord des emplois requérant des qualifications spécifiques. Ce n'est pas en sanctionnant les chômeurs que ces offres seront pourvues : il s'agit d'un problème de formation, d'autant que ceux qui restent un certain temps sans emploi sont ceux qui sont le plus en difficulté.

Le deuxième gros volume d'offres vacantes concerne les "bad jobs", comme disent les Anglais, les emplois précaires, mal payés, avec des conditions de travail difficiles. Dans la mesure où le projet isole la sanction de toute mesure positive d'aide au retour à l'emploi, il ne reste que la menace. Si on exerce une pression financière sur les chômeurs, ils seront obligés d'accepter ces emplois espère-t-on. Il s'agit bien du but du gouvernement, qui ne peut être affiché comme tel.

Propos recueillis par Rémi Barroux

Par Patrick Salmon
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Lundi 26 mai 2008

Le projet gouvernemental sur l'offre "raisonnable" d'emploi, qui durcit les obligations des demandeurs d'emploi, a été présenté lundi pour avis aux partenaires sociaux dans le cadre du Comité supérieur de l'emploi. Il devrait être adopté avant l'été.

Les syndicats ont redit leur hostilité au projet de loi sur le contrôle des chômeurs, qui propose une offre "raisonnable" d'emploi évolutive dans le temps et durcit les obligations des demandeurs d'emploi. Ce texte a en effet été présenté lundi pour avis aux partenaires sociaux dans le cadre de la commission permanente du Comité supérieur de l'emploi.

La CFDT qualifie ce projet d'"injuste car il sanctionnera en priorité les demandeurs d'emploi les plus fragiles, ceux qui restent plus longtemps que d'autres au chômage". Ce texte "est également injuste car il s'appliquera de manière uniforme à tous, quelle que soit la situation familiale de la personne, l'offre de transport dont elle peut disposer, la quantité et la qualité des offres d'emploi de son secteur géographique", poursuit la CFDT dans un communiqué.

Pour la centrale de François Chérèque, le projet du gouvernement est en outre "malsain car une fois de plus le chômeur est montré du doigt comme profiteur potentiel". FO regrette également que le gouvernement "persiste et signe" dans son projet. "Sur le fond FO ne peut que s'opposer à la logique libérale visant à stigmatiser toujours et encore le chômeur comme étant responsable de sa situation", indique son secrétaire confédéral Stéphane Lardy dans un communiqué.

Le projet prévoit qu'après deux refus d'offres "raisonnables" d'emploi, le chômeur pourra être radié. Or plus longue sera sa période de chômage, moins le demandeur pourra être exigeant, notamment en termes de salaire. La rémunération proposée pourra être inférieure au précédent salaire. Après un an de chômage, le demandeur d'emploi pourra être contraint d'accepter un emploi dont la rémunération est équivalente à son revenu de remplacement (RMI notamment).

Par Patrick Salmon
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