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  • : patricksalmon.over-blog.com Chômage, le FIASCO des politiques Balland Essai ; septembre 2006. Ancien directeur d'une agence locale pour l'emploi, Patrick Salmon est syndicaliste à l'ANPE. Contact auteur : patrick.salmon@cegetel.net
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Vendredi 20 mars 2009

Le chômage va «nettement» remonter et atteindre 8,8% en métropole – 9,2% avec les départements d’Outre-mer – dès la fin du premier semestre 2009, selon la nouvelle note de conjoncture de l’Insee parue vendredi.

Ces nouvelles prévisions vont au-delà du pronostic déjà alarmant de l’assurance-chômage, car selon l’Insee, les destructions nettes d’emploi atteindraient, rien qu’au 1er semestre, 387.000 dans le secteur marchand. Sauf en cas d’amélioration au second semestre, les scénarios examinés par l’Unedic mercredi seraient donc en dessous de la réalité, puisqu’ils anticipent 354.000 à 436.000 destructions d’emplois salariés sur toute l’année.

La prévision gouvernementale serait aussi dépassée puisque le collectif budgétaire de début mars table sur 350.000 destructions nettes en 2009.

«Le rythme de pertes d’emplois est plus rapide qu’en 1993», année de forte récession, «où les pertes d’emplois avaient atteint 170.000 au 1er semestre», a souligné Eric Dubois, chef du département de la conjoncture à l’Insee. Soit deux fois moins que les prévisions pour 2009.

Certes, des créations sont attendues dans le secteur non-marchand, le gouvernement ayant rouvert les vannes des contrats aidés dans le monde associatif notamment (+47.000), mais cela ne compensera pas l’hémorragie du privé.

Au total, l’économie perdrait donc plus de 330.000 postes sur les six premiers mois de 2009, après une perte de 90.000 en 2008.

Par secteur, l’industrie connaîtrait des pertes encore accrues en 2009 (-140.000 postes au 1er semestre 2009, -73.000 en 2008).

La construction, où la création d’emplois a ralenti en 2008 après deux ans de croissance, «passerait dans le rouge en 2009» selon l’Insee (-38.000 postes au 1er semestre, +13.000 en 2008).

Comme au début des années 1990, le tertiaire enregistrerait plus de destructions que de créations d’emplois salariés (-205.000 au 1er semestre, +81.000 en 2008), en raison du plongeon continu de l’intérim, comptabilisé dans les activités de service, même pour des missions dans l’industrie ou le BTP. L’an dernier, 139.000 postes d’intérimaires ont été détruits.

Pour le taux de chômage, l’Insee, plus pessimiste qu’en décembre, prévoit qu’il va progresser d’un point en seulement six mois et remonter d’ici fin juin au niveau du 3e trimestre 2006. L’essentiel des deux points de baisse du chômage enregistrés entre 2006 et 2008 serait ainsi effacé.

(Source AFP)

Par Patrick Salmon - Publié dans : Données et opinions sur l'EMPLOI et le CHOMAGE
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Mercredi 31 décembre 2008

L'annonce d'une nouvelle hausse marquée du chômage devrait tendre encore plus une rentrée qui s'annonce chargée, avec les décisions syndicales sur l'accord sur l'assurance-chômage et le mouvement social à Pôle emploi.

Pas de répit pour les partenaires sociaux. L'annonce hier de la plus forte hausse mensuelle du chômage jamais enregistrée (+ 64.000) accentue, une semaine à peine après la fin des négociations sur l'assurance-chômage, la pression sur le patronat et les syndicats. Alors que l'accord précédent s'éteint officiellement ce 31 décembre, les nouvelles règles, pour entrer en vigueur, doivent désormais recueillir la signature d'au moins un syndicat. Faute de quoi la loi est claire : l'Etat, qui n'en a pas vraiment envie, reprendra la main. Au risque, pour les représentants des travailleurs, qu'il impose des règles moins favorables aux chômeurs. Jusqu'à présent, aucune délégation syndicale n'a pris le risque d'annoncer un paraphe. Même le camp patronal est divisé. Alors que l'UPA (artisans) a annoncé sa décision pour le 8 janvier, la CGPME menace de ne pas signer le texte, proche selon elle d'un « marché de dupes » pour les entreprises.

La CFDT ne signera pas seule

Seule la CGT a pris position, pour dire qu'elle rejetait le texte. L'incertitude plane sur les autres, même si le scénario d'au moins deux signatures syndicales paraît aujourd'hui le plus probable. La CFDT est la plus tentée. Elle devrait se prononcer la première, le 8 janvier, lors d'un bureau national extraordinaire. Mais son secrétaire général, François Chérèque, a prévenu qu'elle « ne signera pas toute seule ».

Force ouvrière, à laquelle on prête encore une fois l'intention de revenir dans le jeu contractuel de l'Unedic, tranchera normalement d'ici au 10 janvier. Le négociateur, Stéphane Lardy, a été très mesuré. En dépit de nombreux points « négatifs », Jean-Claude Mailly, secrétaire général, a souligné ces derniers jours l'aspect « positif » du texte pour les plus précaires, avec une indemnisation possible dès 4 mois d'activité.

On sera fixé sur la CFTC le 12 janvier, sachant que sa négociatrice, Gabrielle Simon, a pris le risque de se voir désavouée en opposant, au sortir des négociations, une fin de non-recevoir à l'accord. Une non-signature marquerait une rupture stratégique majeure pour la centrale chrétienne.

La CGC ne tranchera que le 20 janvier. Son chef de délégation, Alain Lecanu, n'a pas « une approche très positive » du projet d'accord mais d'autres membres de la direction estiment une signature probable. C'est peut-être cette confédération qui aurait le plus à perdre d'une intervention de l'Etat : elle a échappé à un abaissement du plafond d'indemnisation des cadres dans la négociation mais l'idée pourrait resurgir, et elle le sait. Alors que la préparation de la fusion avec l'Unsa suscite des remous internes, cela tomberait assez mal.

En attendant la conclusion de la négociation sur l'assurance-chômage, une chose est toutefois acquise : l'amélioration de la convention de reclassement personnalisé (CRP), destinée aux licenciés économiques, et pour laquelle un accord a été trouvé et des fonds débloqués.

Des remous, il devrait en tout cas y en avoir dès lundi prochain sur un autre front : celui de Pôle emploi, le nouvel organisme né de la fusion, au 1er janvier, de l'ANPE et des Assedic. Le climat social y est très tendu. Un appel à la grève a été lancé pour le jeudi 8 janvier par les huit organisations syndicales des deux organismes, mais cinq d'entre elles - la CGT, FO, le SNU, SUD et le SNAP - ont appelé à cesser le travail dès lundi, soit le jour même où le nouvel organisme doit ouvrir ses portes.

LEÏLA DE COMARMOND
Par Patrick Salmon - Publié dans : L'assurance chômage : négociations et évolution
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Jeudi 6 novembre 2008
Le secrétaire d'Etat à l'Emploi a toutefois précisé que le prochain budget de l'emploi, en baisse de 5% en 2009 à 11,821 milliards d'euros, fera l'objet "d'ajustements", notamment pour financer 100.000 contrats aidés supplémentaires.
L
e budget de l'emploi pour 2009 "n'est pas amené à varier mais fera l'objet d'ajustements", notamment pour financer 100.000 contrats aidés supplémentaires, a déclaré, mercredi 5 novembre, le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez devant une commission élargie de l'Assemblée nationale.
"Le budget n'est pas amené à varier mais fera l'objet d'ajustements", a indiqué Laurent Wauquiez devant la commission élargie de l'Assemblée nationale examinant la mission Travail et Emploi du projet de loi de finances 2009.
Il a affirmé que "les sommes supplémentaires ne seront pas prises par redéploiements dans le budget de l'emploi mais par redéploiement à l'intérieur du budget" global, sans plus de précision.
Le budget des actions de l'Etat en faveur de l'emploi et de la lutte contre le chômage baissera de 5,2% en 2009 à 11,821 milliards d'euros.

Hausse des crédits alloués à l'organisme remplaçant l'ANPE

Parallèlement, il y a une légère hausse des crédits alloués à l'organisme remplaçant l'ANPE et les Assedic (+50 millions à 1,360 milliard d'euros) et un maintien des crédits aux Missions locales (162 millions d'euros) et aux Maisons de l'Emploi (100 millions d'euros).
Ce projet de budget a été jugé insuffisant par plusieurs représentants de l'opposition présents à la commission élargie compte tenu de l'impact social de la crise économique, qui va augmenter le nombre de chômeurs, et compte tenu des nouvelles mesures annoncées la semaine dernière par Nicolas Sarkozy.
L'augmentation de 100.000 du nombre de contrats aidés prévue en 2009 et annoncée par le président de la République, coûtera ainsi 250 millions d'euros.

Deux étages à mettre en place pour le CTP

Sur le contrat de transition professionnelle (CTP), dont l'extension a été annoncée par le chef de l'Etat, Laurent Wauquiez a évoqué "deux étages à mettre en place: un CTP généralisé destiné à se substituer à la convention de reclassement personnalisée (CRP) qui ne marche pas, alors que le CTP marche" et "un 'CTP plus' car certains territoires souffrent plus que d'autres".
Il a souhaité que la négociation avec les syndicats et le patronat sur l'extension de cette disposition destiné aux salariés victimes de licenciements économiques "aboutisse avant la fin de l'année".
Sur la modification du dispositif de chômage partiel, sujet qui sera aussi discuté avec les syndicats et le patronat, le secrétaire d'Etat a jugé possible de "faire mieux" sur le niveau d'indemnisation que 50% du salaire brut mensuel et a plaidé pour "utiliser intelligemment" les périodes de chômage partiel pour faire de la formation.
Par Patrick Salmon - Publié dans : EMPLOI et CHOMAGE : les ACTIONS du gouvernement
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Mercredi 29 octobre 2008

«Qu’est-ce que j’aurais entendu si je ne l’avais pas fait»... Désormais, la stratégie politique de Nicolas Sarkozy semble se résumer en cette formule et quelques autres, toutes pétries de rhétorique d’autojustification.

«Si je ne l’avais pas fait»... Mais s’il n’avait pas fait quoi, au juste? Au nom du pragmatisme et du volontarisme érigés en valeurs suprêmes, il a mélangé hier quelques annonces floues sur les contrats aidés, les CDD et les contrats de transition professionnelle avec la confirmation de ses choix sur le travail du dimanche et les 35 heures.

Tout cela assorti de formules bien senties pour prévenir l’argument qu’on entend partout sur les milliards réservés aux banques alors que l’économie étouffe par manque de crédit.

Au nom du pragmatisme donc, revoilà les contrats aidés, dont il annonce l’augmentation après les avoir condamnés.

Cela fera du chiffre et colmatera quelques brèches, mais mettra dans l’embarras les professionnels de terrain: dans le domaine de l’insertion, rien n’est plus pernicieux que cette politique du stop and go. Mais qu’importe, puisqu’il «l’a fait»!

Pour autant, est-ce une rupture idéologique, comme on le lit ici ou là? Rien n’est moins sûr.

Car derrière les annonces d’urgence destinées à calmer les statistiques, le cap libéral est conservé, aussi bien pour le travail dominical... que pour la réduction du nombre de profs, par exemple.

Face à la crise, il semble que Nicolas Sarkozy ait retrouvé ses réflexes de l’époque où, au ministère de l’Intérieur, il faisait une annonce par jour. Viendra le moment où il faudra bien faire les comptes. Et l’on verra alors ce qu’il «a fait».

Par Patrick Salmon - Publié dans : EMPLOI et CHOMAGE : les ACTIONS du gouvernement
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Mardi 28 octobre 2008

Le chef de l'Etat a annoncé 100.000 contrats aidés de plus, une extension du CTP, et plaidé pour un "guichet unique" pour l'emploi. Au-delà du traitement social du chômage, Nicolas Sarkozy a demandé aux parlementaires de se saisir "maintenant" du dossier du travail le dimanche, et souhaité un nouveau coup de pouce à l'emploi à domicile.      

 " Tout mieux que l'inactivité ". Nicolas Sarkozy a martelé mardi sa priorité à la lutte contre le chômage, et dévoilé à Rethel, au coeur des Ardennes, les détails de son train de mesures pour relancer l'emploi.

Comme prévu, le chef de l'Etat a annoncé une relance des contrats aidés, un recours accru, pour les victimes de licenciement, au contrat de transition professionnelle, et une accélération de la fusion ANPE-Unedic. Mais il est allé au-delà du traitement social du chômage, en annonçant un nouveau coup de pouce au secteur des services à la personne, et en appelant les députés à débloquer le dossier du travail dominical. Le discours était très attendu, à deux jours de la publication du nombre de demandeurs d'emplois en septembre, et alors que l'Insee prévoit une remontée du taux de chômage de 7,2 % à 7,4 % d'ici à fin décembre, et que les plans sociaux se multiplient. Les principales annonces :

-La relance des contrats aidés. Pour 2009, Nicolas Sarkozy a annoncé que 330.000 contrats bénéficieront d'une aide, soit 100.000 de plus que ce qui était prévu. "Mais je ne veux pas que, comme on le fait depuis des années, on renvoie à la fin du contrat les personnes à la case départ, le RMI ou le chômage", a-t-il poursuivi. "Je demande donc à Laurent Wauquiez de préparer un plan d'action et de veiller à ce qu'une véritable offre de services soit destinée aux bénéficiaires de contrats aidés, en cours même de contrat, pour leur donner le maximum de chances d'obtenir à la sortie un emploi dans une entreprise", a-t-il indiqué. "Actuellement, lorsqu'à l'issue de leur contrat ou de leur mission, ils se réinscrivent comme demandeur d'emploi, ils ne sont reçus qu'après 4 mois", a-t-il précisé, demandant un "suivi précoce" qui permettra de leur proposer "immédiatement une formation ou une offre d'emploi". Le président de la République a également dit qu'il veillerait "personnellement à ce que les 60.000 contrats supplémentaires récemment décidés pour 2008 soient bien au rendez-vous.

-Le recours accru au contrat de transition professionnelle. Le CTP, créé en avril 2006, a jusqu'ici été expérimenté dans sept bassins d'emploi sinistrés. Il était réservé aux licenciés économiques d'entreprises de plus de 1.000 salariés, en redressement ou liquidation judiciaire. Il permettait aux bénéficiaires de percevoir 100% de leur salaire net en alternant pendant 12 mois maximum, périodes de travail et de formation. Le CTP "sera étendu aux bassins d'emploi les plus touchés par les difficultés économiques", a annoncé mardi le chef de l'Etat.

-Des aménagements de la "sécurité sociale professionnelle". Point principal, l'accélération de la fusion ANPE-Unedic, et un suivi précoce des demandeurs d'emploi. Nicolas Sarkozy a proposé mardi de "simplifier les filières d'indemnisation" des chômeurs, avec la mise en place d'une "filière unique" qui permettrait aux demandeurs d'emploi, après six mois de cotisations, "d'accumuler progressivement des droits". "Aujourd'hui, un salarié qui a enchaîné 15 mois de CDD au cours des 26 derniers mois est indemnisé trois fois moins longtemps qu'un salarié en CDI qui a travaillé 16 mois au cours de la même période. Ce n'est pas normal", a dénoncé le président de la République. "Ne peut-on envisager des mécanismes, qui incitent à une reprise d'emploi plus rapide? N'est-il pas possible de mobiliser l'assurance chômage au service de l'emploi des seniors plutôt qu'à leur retrait du marché du travail?", a-t-il ajouté. Autre souhait formulé mardi, que les petites et moyennes entreprises puissent recruter des CDD sans restriction pendant une période limitée. Dans ce chapitre nommé "sécurité sociale professionnelle" par le chef de l'Elysée, ont été enfin évoqués une réduction des inégalités en matière d'assurance chômage entre les CDD et CDI, et un allongement de l'indemnisation du chômage partiel, assorti d'une meilleure rémunération.

-Des aides sectorielles. Le secteur des services et des aides à la personne, identifié comme un gisement d'emploi, sera aidé. Les ménages qui emploient des personnes à domicile bénéficieront ainsi d'une avance sur les aides fiscales actuelles. "Certains ménages renoncent à recourir à ces services car cela constitue une charge immédiate lourde, qui ne leur est remboursée que l'année suivante sous forme de crédit d'impôt", a-t-il justifié. Sur ce terrain, Nicolas Sarkozy a estimé que "de nouveaux champs" étaient "à explorer". "Je pense par exemple au portage de la presse à domicile, qui serait un vrai plus pour les abonnés et un soutien précieux au secteur de la presse", a-t-il précisé, rappelant que "dans les deux ans qui ont suivi la mise en place du plan d'aide aux services à la personne, 235.000 emplois ont été créés". Il a aussi redit son souhait de débloquer le travail le dimanche, et demandé mardi aux parlementaires de se saisir "maintenant" et "sans tabous" d'une proposition de loi "qui a été préparée" sur le sujet. Enfin, il a exhorté "solennellement" les partenaires sociaux de conclure les négociations sur l'assurance-chômage et sur la formation avant la fin de l'année. Une réunion sera organisée à l'Elysée "dans un mois" avec les partenaires sociaux pour faire le point sur ces négociations.

Ce plan en forme d'"amortisseurs" à la crise aura un "coût budgétaire incontestable", a déjà fait savoir François Fillon. Son financement sera donc inclus "dans une loi de finances rectificative", a expliqué l'Elysée.

Par Patrick Salmon - Publié dans : EMPLOI et CHOMAGE : les ACTIONS du gouvernement
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Dimanche 5 octobre 2008

PARIS (AFP) — Le chômage est redevenu la première préoccupation des Français (66%), devant l'évolution du pouvoir d'achat (58%) et la santé (57%), selon un sondage TNS Sofres qui sera publié dans La Croix lundi.

A la fin septembre, le niveau de préoccupation apparaît en augmentation pour 15 des 16 sujets d'inquiétudes majeures soumis aux personnes interrogées, sachant que le nombre de réponses possibles n'était pas limité.

En hausse quasi continue depuis l'automne 2007, l'inquiétude pour le pouvoir d'achat accuse un recul (-6 points par rapport à juin) après avoir atteint un niveau record fin juin, mais demeure un motif de préoccupation pour 58% des Français.

Le chômage et l'emploi redeviennent la préoccupation principale des Français, qui sont 66% à citer ce thème comme source d'inquiétude (+9 points) et 33% à le citer comme leur premier sujet de préoccupation (+7 points).

Une préoccupation particulièrement forte pour les femmes, les jeunes de moins de 25 ans et les ouvriers, selon cette enquête.

Ces dernières années, le pic d'inquiétude concernant le chômage a été atteint au printemps 2006 (79%), selon TNS Sofres. Et la proportion de 66% de Français citant le chômage parmi leurs préoccupations majeures a été atteinte pour la dernière fois fin mai 2007.

Le sondage montre aussi un fort niveau d'inquiétude concernant la santé et la qualité des soins, qui apparaît en troisième position avec 57% de citations (+4 points par rapport à juin).

Parmi cette liste de préoccupations, le financement des retraites se classe en quatrième place, l'école et la qualité de l'enseignement en cinquième place.

Ce sondage de l'institut TNS Sofres a été réalisé par des entretiens en face-à-face les 26 et 29 septembre auprès d'un échantillon de 1.000 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas.

Par Patrick Salmon - Publié dans : Données et opinions sur l'EMPLOI et le CHOMAGE
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Dimanche 28 septembre 2008

TRAVAILLER PLUS, plus longtemps, plus nombreux. En finir avec les 35 heures. Durcir les conditions d’indemnisation des chômeurs et les contraindre à reprendre un emploi « raisonnable »… Autant d’idées, lancées par le président de la République pour remettre la France au travail, qui tombent aujourd’hui sur un écueil de taille : le ralentissement de l’économie.

Hier, le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, a annoncé une brusque remontée du chômage en août avec « 30 000 à 40 000 » personnes supplémentaires inscrites à l’ANPE, soit un nombre de chômeurs de 1,938 à 1,948 million. Une situation suffisamment préoccupante pour que les acteurs du service public de l’emploi soient convoqués lundi à Bercy, sous la houlette de la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, avant la publication officielle des statistiques de l’ANPE.

Le secrétaire d’Etat à l’Emploi n’a pas caché que les chiffres « seront très mauvais, et beaucoup plus qu’avant ». Après deux ans et demi de baisse régulière, il faut en effet remonter quinze ans en arrière, à mars 1993, pour trouver un résultat mensuel aussi exécrable. Ils traduisent un véritable retournement du marché du travail déjà perceptible dans le bâtiment, l’hôtellerie-restauration, le transport ou l’intérim.

« Pas une surprise » pour les syndicats

Parallèlement, les prévisions contenues dans le projet de loi de finances montrent une chute libre de la création d’emplois salariés marchands (hors agriculture), un nombre pratiquement divisé par dix cette année, de 310 000 en 2007 à 34 000 en 2008. En 2009, le gouvernement table sur 50 000 créations nettes d’emplois salariés sur fond de « reprise graduelle de l’activité courant 2009 ». Malgré le papy-boom, le taux de chômage devrait remonter, après avoir atteint 7,2 % de la population active au deuxième trimestre 2008, au plus bas depuis vingt-cinq ans. Hier, Christine Lagarde a cependant préféré insister sur le chiffre qu’elle attend pour la fin de l’année 2009, à savoir 7,1 %.

Quant à l’objectif de 5 % de taux de chômage en 2012, la ministre se montre désormais beaucoup plus prudente, affirmant qu’il faut « être soit Madame Irma, soit un charlatan » pour faire des prévisions précises. Malgré ce contexte difficile, le budget de l’emploi sera en baisse de 5,2 % en 2009 et de 9,1 % l’année suivante. L’enveloppe allouée au service public de l’emploi, issu de la fusion ANPE-Assedic, augmentera néanmoins de 50 millions d’euros à 1,360 milliard d’euros. Deux chantiers sont déclarés « prioritaires » : « rendre notre système de formation professionnelle plus efficace et mettre un terme au sous-emploi des seniors ».

Sans être devins, les syndicats ont souligné hier que cette remontée du chômage n’est « pas une surprise » et posent les jalons pour la prochaine négociation d’assurance chômage alors que la priorité sera « d’indemniser plus de chômeurs ».

Joëlle Frasnetti

Par Patrick Salmon - Publié dans : Données et opinions sur l'EMPLOI et le CHOMAGE
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Vendredi 5 septembre 2008

Le taux de chômage s'est maintenu à 7,2 % de la population active au deuxième trimestre, selon les chiffres annoncés hier par l'Insee. Mais le chômage des jeunes et le sous-emploi ont progressé. Le nombre de contrats aidés sera stabilisé en 2009.

Dans un contexte où chaque indicateur conjoncturel est désormais attendu avec appréhension, la simple stabilisation du taux de chômage au deuxième trimestre, annoncée hier matin par l'Insee, à 7,2 % de la population active (à 2,027 millions de chômeurs recensés selon la norme du BIT), a été saluée comme une bonne nouvelle par le gouvernement. Rappelant qu'il est toujours au plus bas depuis 1983, le taux de chômage enregistré au printemps est « un nouveau signe de la résistance du marché du travail dans un environnement défavorable et de sa capacité d'ajustement aux chocs économiques », a ainsi jugé la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.

De fait, si cette stabilisation, après deux ans de baisse quasi continue, est conforme à la prévision établie par l'Insee en juin, le recul du PIB au deuxième trimestre (- 0,3 %) et les destructions d'emplois dans les secteurs marchands (- 12.200 postes entre mars et juin), plus sévères que prévu, pouvaient laisser redouter une première remontée du taux de chômage. En fait, les destructions d'emplois sont intervenues tard dans le trimestre et, pour l'essentiel, sur le secteur de l'intérim. La dégradation annoncée de la conjoncture pourrait aussi, avance l'Insee, avoir dissuadé certains candidats à l'emploi d'entrer sur le marché du travail (ce que les économistes appellent l'« effet de flexion »), limitant ainsi l'évolution de la population active, structurellement encore positive.

Pression sur les syndicats

Si le gouvernement retient aussi la légère baisse du nombre de personnes dans le « halo » du chômage (les sans-emploi souhaitant travailler) et l'augmentation continue du taux d'emploi (à 65,1 % pour les 15-64 ans), deux indicateurs sont en revanche beaucoup moins rassurants. « Le taux de chômage des jeunes a fortement progressé après une longue période de baisse, or nous savons qu'ils sont particulièrement sensibles à la conjoncture. C'est pour nous un signal assez net », observe Sylvie Lagarde, chef du département emploi et revenus d'activité à l'Insee. Il a ainsi progressé de 0,9 point au deuxième trimestre, à 18,3 %.

Plus complexe à analyser, le taux de sous-emploi, qui comptabilise les personnes en emploi cherchant à travailler davantage, progresse au deuxième trimestre cette année, à 4,9 %, contre 4,6 % au premier trimestre. Les deux tiers de cette hausse sont imputables aux salariés « ayant involontairement travaillé moins que d'habitude », c'est-à-dire ayant subi du chômage technique. C'est probablement le signe du ralentissement de l'activité dans le bâtiment ou l'industrie. « Si la population active ne diminue pas et que nous avons des destructions d'emplois, la hausse du chômage devrait être sûre et certaine pour les prochains trimestres », conclut Eric Heyer, de l'Observatoire français des conjonctures économiques.

Conscient des difficultés à venir, le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, veut montrer que le gouvernement ne reste pas inactif. Après avoir tancé les constructeurs automobiles, mardi, sur leur façon de supprimer les emplois, il fait pression sur les partenaires sociaux pour qu'ils ouvrent rapidement les négociations sur la formation professionnelle - ce sera le cas à la fin du mois, affirme-t-il - et sur l'assurance-chômage. En outre, le nombre de contrats aidés prévus dans le budget 2009 sera stabilisé, à 230.000, après avoir beaucoup diminué cette année.

VÉRONIQUE LE BILLON
Par Patrick Salmon - Publié dans : Données et opinions sur l'EMPLOI et le CHOMAGE
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Vendredi 5 septembre 2008

Les bénéficiaires du revenu de solidarité active auront l'obligation de rechercher un emploi. Ce qui devrait accroître de 300.000 à 400.000 le nombre d'inscrits à l'ANPE. Et augmenter la charge de travail du service public de l'emploi.

C'est un effet collatéral qui fait frémir le gouvernement. La généralisation du revenu de solidarité active (RSA), à compter du 1er juillet 2009, va avoir pour conséquence mécanique d'augmenter le nombre de personnes inscrites à l'ANPE, et donc le chiffre mensuel du chômage. Jusqu'à présent, en effet, seul un bénéficiaire du revenu minimum sur trois est répertorié à l'Agence pour l'emploi et a accès à ses services.

Un travers dénoncé de longue date par Martin Hirsch, haut-commissaire aux Solidarités actives. Le projet de loi sur le RSA, approuvé mercredi en Conseil des ministres, y met fin. Les bénéficiaires de la nouvelle prestation auront l'obligation de rechercher un emploi, sous peine de sanction (ils ne pourront refuser deux offres « raisonnables », comme les autres chômeurs), et bénéficieront pour cela de l'accompagnement individuel renforcé qui faisait défaut au RMI. Ce suivi sera assumé « de façon prioritaire » par le service public de l'emploi (ANPE-Assedic) quand les personnes sont disponibles pour rechercher un emploi, ou par des organismes d'insertion et travailleurs sociaux « s'il apparaît des difficultés tenant notamment compte aux conditions de logement ou à l'état de santé ».

Selon des estimations gouvernementales, 300.000 à 400.000 bénéficiaires actuels de minima sociaux et qui ne sont pas trop éloignés du marché de l'emploi devraient s'inscrire à l'ANPE. Le nombre de chômeurs n'augmentera cependant pas d'autant pour deux raisons : tous ne seront pas inscrits en catégorie 1 (immédiatement disponibles) - certains seront notamment en formation -, et le conseil général, pilote local du RSA, pourra orienter la personne soit vers le service public de l'emploi (ANPE-Assedic), soit vers un opérateur privé.

Bras de fer financier

Dans ce dernier cas, le bénéficiaire du RSA ne sera pas comptabilisé dans les chiffres mensuels du chômage. Le gouvernement a donc tout intérêt à ce que les départements fassent appel aux cabinets de placement privé (qui devront néanmoins tenir une liste des personnes concernées). Les conseils généraux beaucoup moins, car ils auront alors à en assumer le prix.

Outre l'effet statistique, l'exécutif appréhende l'impact budgétaire du RSA pour l'ANPE-Assedic. Alors que la nouvelle entité essuie les plâtres de la fusion et doit reprofiler complètement son offre, elle va devoir assumer très vite le suivi renforcé de plusieurs centaines de milliers de personnes. « Nous allons devoir nous organiser en conséquence », admet Dominique-Jean Chertier, président de l'organisme, confiant néanmoins dans les synergies liées à la fusion. Pour Stéphane Lardy (FO), « cela va rendre encore plus inatteignable l'objectif d'affectation de 60 à 70 demandeurs d'emploi par agent, au lieu de 120 aujourd'hui, et l'ANPE-Unedic sera obligée de sous-traiter au privé ».

La généralisation du RSA durcit le bras de fer financier entre l'Etat et l'Unedic sur le budget de la nouvelle entité. La prise en charge des bénéficiaires du RSA va occasionner un surcoût, alors que les crédits budgétaires de l'ANPE devraient rester stables en 2009. C'est donc dans les 10 % de cotisations Unedic que les partenaires sociaux ont accepté (à regret aujourd'hui) de transférer au nouvel organisme qu'il faudra puiser. Les frais de gestion initiaux de l'assurance-chômage ne représentant pas plus de 8,3 % à 8,6 %, cela laisse une marge de plus de 400 millions d'euros. « Cela prouve une fois de plus que cette opération est un hold-up de l'Etat », souligne Stéphane Lardy.

ÉTIENNE LEFEBVRE
Par Patrick Salmon - Publié dans : Les actions de Martin HIRSCH
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Lundi 26 mai 2008

Le projet gouvernemental sur l'offre "raisonnable" d'emploi, qui durcit les obligations des demandeurs d'emploi, a été présenté lundi pour avis aux partenaires sociaux dans le cadre du Comité supérieur de l'emploi. Il devrait être adopté avant l'été.

Les syndicats ont redit leur hostilité au projet de loi sur le contrôle des chômeurs, qui propose une offre "raisonnable" d'emploi évolutive dans le temps et durcit les obligations des demandeurs d'emploi. Ce texte a en effet été présenté lundi pour avis aux partenaires sociaux dans le cadre de la commission permanente du Comité supérieur de l'emploi.

La CFDT qualifie ce projet d'"injuste car il sanctionnera en priorité les demandeurs d'emploi les plus fragiles, ceux qui restent plus longtemps que d'autres au chômage". Ce texte "est également injuste car il s'appliquera de manière uniforme à tous, quelle que soit la situation familiale de la personne, l'offre de transport dont elle peut disposer, la quantité et la qualité des offres d'emploi de son secteur géographique", poursuit la CFDT dans un communiqué.

Pour la centrale de François Chérèque, le projet du gouvernement est en outre "malsain car une fois de plus le chômeur est montré du doigt comme profiteur potentiel". FO regrette également que le gouvernement "persiste et signe" dans son projet. "Sur le fond FO ne peut que s'opposer à la logique libérale visant à stigmatiser toujours et encore le chômeur comme étant responsable de sa situation", indique son secrétaire confédéral Stéphane Lardy dans un communiqué.

Le projet prévoit qu'après deux refus d'offres "raisonnables" d'emploi, le chômeur pourra être radié. Or plus longue sera sa période de chômage, moins le demandeur pourra être exigeant, notamment en termes de salaire. La rémunération proposée pourra être inférieure au précédent salaire. Après un an de chômage, le demandeur d'emploi pourra être contraint d'accepter un emploi dont la rémunération est équivalente à son revenu de remplacement (RMI notamment).

Par Patrick Salmon - Publié dans : "Chasse" aux chômeurs et offre valable d'emploi
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