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  • : patricksalmon.over-blog.com Chômage, le FIASCO des politiques Balland Essai ; septembre 2006. Ancien directeur d'une agence locale pour l'emploi, Patrick Salmon est syndicaliste à l'ANPE. Contact auteur : patrick.salmon@cegetel.net
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Lundi 26 mai 2008

Le projet gouvernemental sur l'offre "raisonnable" d'emploi, qui durcit les obligations des demandeurs d'emploi, a été présenté lundi pour avis aux partenaires sociaux dans le cadre du Comité supérieur de l'emploi. Il devrait être adopté avant l'été.

Les syndicats ont redit leur hostilité au projet de loi sur le contrôle des chômeurs, qui propose une offre "raisonnable" d'emploi évolutive dans le temps et durcit les obligations des demandeurs d'emploi. Ce texte a en effet été présenté lundi pour avis aux partenaires sociaux dans le cadre de la commission permanente du Comité supérieur de l'emploi.

La CFDT qualifie ce projet d'"injuste car il sanctionnera en priorité les demandeurs d'emploi les plus fragiles, ceux qui restent plus longtemps que d'autres au chômage". Ce texte "est également injuste car il s'appliquera de manière uniforme à tous, quelle que soit la situation familiale de la personne, l'offre de transport dont elle peut disposer, la quantité et la qualité des offres d'emploi de son secteur géographique", poursuit la CFDT dans un communiqué.

Pour la centrale de François Chérèque, le projet du gouvernement est en outre "malsain car une fois de plus le chômeur est montré du doigt comme profiteur potentiel". FO regrette également que le gouvernement "persiste et signe" dans son projet. "Sur le fond FO ne peut que s'opposer à la logique libérale visant à stigmatiser toujours et encore le chômeur comme étant responsable de sa situation", indique son secrétaire confédéral Stéphane Lardy dans un communiqué.

Le projet prévoit qu'après deux refus d'offres "raisonnables" d'emploi, le chômeur pourra être radié. Or plus longue sera sa période de chômage, moins le demandeur pourra être exigeant, notamment en termes de salaire. La rémunération proposée pourra être inférieure au précédent salaire. Après un an de chômage, le demandeur d'emploi pourra être contraint d'accepter un emploi dont la rémunération est équivalente à son revenu de remplacement (RMI notamment).

par Patrick Salmon publié dans : "Chasse" aux chômeurs et offre valable d'emploi
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Lundi 26 mai 2008
LE MONDE | 26.05.08 | 15h08  •  Mis à jour le 26.05.08 | 15h08

 e projet de loi "relatif aux droits et devoirs des demandeurs d'emploi" devait être soumis pour avis aux partenaires sociaux, lundi 26 mai, dans le cadre du Comité supérieur de l'emploi. Ce texte, qui comporte deux articles, devrait être présenté en conseil des ministres à la mi-juin, pour une adoption de la loi avant l'été.

 

Les syndicats ont déjà exprimé leur hostilité à ce projet, qui propose de sanctionner les chômeurs refusant deux "offres raisonnables d'emploi" (Le Monde du 8 mai). Cette sanction consistera en une radiation, dont les conditions seront précisées par décret. La nouvelle "offre raisonnable" est évolutive. Plus longue sera sa période de chômage, plus le demandeur d'emploi devra accepter un emploi éloigné de ses exigences initiales. La rémunération proposée pourra être inférieure au dernier salaire et, après un an de chômage, être équivalente à son revenu de remplacement (RMI, allocation de solidarité spécifique...). Le Monde a demandé à Jacques Freyssinet, président du conseil scientifique du Centre d'étude de l'emploi, son avis.

 

Cette approche "dégressive" de l'offre "raisonnable" d'emploi va-t-elle dynamiser le retour à l'emploi des chômeurs ?

 

En annonçant son projet, le gouvernement critiquait la définition de l'offre valable d'emploi inscrite dans le Code du travail, qu'il trouvait trop vague. Si on regarde le projet de loi, il n'y a aucune nouvelle définition, on rend au contraire cette offre indéterminée. On sait seulement qu'elle fera l'objet d'une définition conjointe entre le demandeur d'emploi et l'institution qui remplacera l'ANPE.

Il est positif que le chômeur et son conseiller discutent ensemble de l'objectif. Mais il est problématique que ce soit à partir de cette définition informelle que se déclenchent les sanctions. Le demandeur d'emploi pourra être radié s'il refuse des offres, sur la base d'une définition qui ne sera pas inscrite dans la loi. Tout va dépendre du comportement des agents de l'ANPE et de la relation qui va s'établir entre ces derniers et les chômeurs.

 

Cette politique des droits et devoirs est-elle incitative ou "culpabilisatrice" comme le dénoncent syndicats et associations de chômeurs ?

 

Le gouvernement surfe sur le thème du "faux chômeur". Toutes les fois que l'on promeut une politique justifiant des mesures de contrôle, on est confronté à ce discours démagogique. Quant aux effets incitatifs, je ne connais pas d'expérience permettant de répondre de façon objective. Les études qui ont été menées sur la dégressivité, en cours entre 1993 et 2001 - l'allocation diminuait progressivement pour que le chômeur accepte plus vite un emploi -, ont montré qu'elle n'avait pas d'effet direct.

Les comparaisons internationales révèlent que la pression exercée sur le chômeur, pour être efficace, doit être accompagnée d'actions positives d'aide au retour à l'emploi, formation, orientation...

 

Ne doit-on pas inciter les chômeurs à se porter sur les offres d'emploi non pourvues ?

 

Ces offres d'emploi non pourvues sont de deux ordres. Il y a d'abord des emplois requérant des qualifications spécifiques. Ce n'est pas en sanctionnant les chômeurs que ces offres seront pourvues : il s'agit d'un problème de formation, d'autant que ceux qui restent un certain temps sans emploi sont ceux qui sont le plus en difficulté.

Le deuxième gros volume d'offres vacantes concerne les "bad jobs", comme disent les Anglais, les emplois précaires, mal payés, avec des conditions de travail difficiles. Dans la mesure où le projet isole la sanction de toute mesure positive d'aide au retour à l'emploi, il ne reste que la menace. Si on exerce une pression financière sur les chômeurs, ils seront obligés d'accepter ces emplois espère-t-on. Il s'agit bien du but du gouvernement, qui ne peut être affiché comme tel.

Propos recueillis par Rémi Barroux

par Patrick Salmon publié dans : "Chasse" aux chômeurs et offre valable d'emploi
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Mercredi 21 mai 2008

Le projet de loi visant à renforcer le contrôle des chômeurs sera examiné lundi par les partenaires sociaux, pour une présentation en Conseil des ministres à la mi-juin. Au bout de six mois, les demandeurs d'emploi devront accepter une baisse de salaire de 15 %, au lieu des 20 % annoncés précédemment.

Réduire la durée du chômage pour atteindre le plein-emploi avant 2012. Tel est l'esprit du projet de loi « relatif aux droits et devoirs des demandeurs d'emploi », que viennent de finaliser Christine Lagarde et Laurent Wauquiez, en étroite concertation avec l'Elysée. Composé de deux articles, le texte doit être examiné par les partenaires sociaux lundi, à l'occasion d'un comité supérieur de l'emploi. Il sera présenté en Conseil des ministres le 11 ou le 18 juin, pour un débat au Parlement avant l'été. Cher à Nicolas Sarkozy, le dispositif n'est paradoxalement pas beaucoup plus sévère que ce qui est déjà prévu par la loi. Il instaure des sanctions pour les chômeurs refusant deux « offres raisonnables d'emploi », alors que ce risque existe aujourd'hui, théoriquement (il n'est pas appliqué), dès le premier refus.

Engagements réciproques

Pour inciter les agents de l'ANPE à jouer le jeu, le gouvernement instaure néanmoins deux nouveautés : il définit l'offre raisonnable d'emploi (ORE) selon des critères chiffrés, qui se durcissent au fur et à mesure. « Il est normal d'élargir le champ de la recherche après une certaine durée de chômage », explique-t-il dans l'exposé des motifs. Il instaure, surtout, une logique d'engagements réciproques entre le service de l'emploi et le chômeur, celui-ci ne pouvant pas être sanctionné sans avoir obtenu toutes les prestations promises par son conseiller référent (formation, aide à la mobilité, etc.). La durée de suspension des allocations sera précisée par décret. Aujourd'hui, elle est souvent comprise entre quinze jours et un mois.

La définition de l'ORE a été un peu édulcorée par rapport à celle envisagée le 6 mai à Bercy. Pendant les trois premiers mois de recherche, le demandeur d'emploi sera tenu d'accepter tout emploi rémunéré à hauteur de son salaire antérieur. Entre trois et six mois, il devra accepter une baisse de salaire de 5 %, au maximum.

Version plus acceptable

Bercy a cependant fait quelques concessions à la CFDT, en ajoutant que l'ORE devrait être « adaptée à la formation, aux qualifications [...] et à la situation personnelle et familiale » de chaque demandeur d'emploi, ainsi qu'à la « situation du marché du travail local ». Au bout de six mois, les chômeurs pourront être contraints d'accepter une baisse de salaire de 15 %. Le gouvernement avait envisagé une réduction de 30 %, puis de 20 %, avant de revenir à une version plus acceptable pour les syndicats. Le trajet entre le domicile et le lieu de travail ne pourra pas excéder 30 kilomètres, ni requérir plus de deux heures de transports en commun par jour. Le projet de loi ne fait en aucun cas de distinction entre le CDI et les autres formes de contrat. Un CDD ou une mission d'intérim seraient jugés tout aussi valables qu'un contrat durable.

Au bout d'un an, les conditions d'indemnisation seront nettement plus restrictives : tout emploi rémunéré à hauteur du revenu de remplacement sera jugé acceptable. Pour les personnes indemnisées par l'Unedic, cela correspondra à 57,4 % de leur salaire antérieur, dans le cas le plus courant.

Pour les titulaires de l'allocation spécifique de solidarité (ASS), en revanche, le niveau de salaire requis ne dépasserait pas 14,74 euros par jour ! Cela reste l'un des principaux points de blocage avec les syndicats.

LUCIE ROBEQUAIN
par Patrick Salmon publié dans : "Chasse" aux chômeurs et offre valable d'emploi
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Lundi 19 mai 2008

L’ouverture des négociations sur la nécessaire réforme de l’assurance chômage vient de faire émerger dans le débat la question de l’offre valable d’emploi, celle que le chômeur ne peut refuser sous peine de voir ses allocations chômage suspendues. Curieuse façon d’engager les discussions sur la révision des conditions d’indemnisation des chômeurs que celle consistant à faire passer le devoir d’insertion des chômeurs avant le droit à être indemnisé. Non seulement on ne comprend pas pourquoi le gouvernement entend s’immiscer dans des domaines qui relèvent du champ des partenaires sociaux, mais il importe de rappeler le caractère premier du droit à indemnisation des chômeurs, parce que ce droit a été, au cours des vingt-cinq dernières années, bien malmené.

Depuis la mise en place en 1958 de l’Unédic, système d’assurance chômage obligatoire, les résultats obtenus en termes de protection effective des chômeurs sont décevants. Ce régime indemnitaire n’est jamais parvenu à couvrir plus de 50 % des demandeurs d’emploi, un taux qui rapproche la France des pays du sud de l’Europe, pays qui ne brillent ni par la qualité de leur service public de l’emploi ni par l’efficacité de leur politique d’accompagnement des chômeurs. Il va sans dire que les pays scandinaves font mieux sur l’ensemble du binôme indemnisation-placement.

En France, ce régime paritaire a de tout temps vu sa mission indemnitaire partagée avec l’Etat qui verse à certains allocataires exclus de l’assurance chômage une allocation spéciale de solidarité (ASS) elle-même forfaitaire et soumise à nombre de conditions (de travail et de ressources). Paradoxalement, ce système indemnitaire à deux têtes, pourtant marqué par l’importance accordée au travail, n’a pas su s’adapter à la crise de l’emploi survenue dès les années 1980 et a, de fait, exclu de son champ de protection les nouvelles catégories de chômeurs que le dysfonctionnement du marché du travail a fait émerger (les jeunes, les femmes à temps partiel, les chômeurs de longue durée, les personnes en CDD, en intérim, etc.). Finalement, le régime d’assurance chômage reste marqué par ses origines, par la figure du Male Breadwinner, de telle sorte qu’il privilégie encore les salariés âgés, les licenciés économiques et ceux qui disposent d’une carrière longue. Aujourd’hui, la part des chômeurs indemnisés par l’Unédic et l’Etat atteint péniblement 59 %. Elle est seulement de 42 % pour les jeunes de moins de 25 ans alors qu’elle atteint 80 % pour les salariés âgés de plus de 50 ans. Compte tenu de l’insensibilité de notre système indemnitaire aux réalités du marché du travail et aux nouveaux «risques de précarité de l’emploi», le RMI, et donc les départements, est devenu la troisième composante du dispositif d’indemnisation des chômeurs. Nous sommes en présence d’un système complexe qui ne fait pas l’objet d’une régulation conjointe associant l’ensemble de ces acteurs. D’où des décisions prises de façon autonome sur ces trois allocations avec des effets de vase communiquant désastreux pour les demandeurs d’emploi quand l’Etat décide de reporter sur les départements via le RMI les conséquences d’un durcissement des conditions d’indemnisation des chômeurs décidé unilatéralement par l’Unédic.

Ce constat est sombre, source pour les chômeurs de multiples inégalités de traitement face à l’indemnisation, mais aussi face à l’accompagnement dont ils bénéficient via le service public de l’emploi. Car les politiques d’accompagnement des demandeurs d’emploi sont venues se caler sur le statut indemnitaire des chômeurs. La politique d’emploi des chômeurs est encore organisée en trois segments : les chômeurs indemnisés par le régime de l’ASS relèvent des pouvoirs publics, ceux qui reçoivent l’allocation de retour à l’emploi bénéficient des aides à l’emploi de l’Unédic et les allocataires du RMI relèvent des dispositifs d’insertion des conseils généraux.

L’urgence n’est pas de relancer le débat sur la définition qu’il convient de donner à l’offre valable d’emploi. Mais par quels moyens adapter le régime d’assurance chômage aux évolutions qu’a connues le marché du travail à travers la progression de la précarité de l’emploi et des formes de sous-emploi ? Comment améliorer la gouvernance du système indemnitaire pour éviter la dilution des responsabilités qui caractérise les relations entre les partenaires sociaux, l’Etat et les départements. Enfin, il faut reposer la question des missions de service public qui seront celles de la nouvelle structure fusionnée (ANPE, Assédic) pour offrir aux demandeurs d’emploi un accompagnement qui ne dépendrait plus de leur statut indemnitaire mais de leur éloignement effectif du marché du travail.
Carole Tuchszirer chercheure, économiste au Centre d’études de l’emploi

par Patrick Salmon publié dans : L'assurance chômage : négociations et évolution
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Dimanche 11 mai 2008

Quelque 7,1 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, au moins 1,5 million de travailleurs pauvres qui sont surtout des travailleuses, précarisés par le temps partiel contraint ou l'intérim : notre système social ne protège plus contre le risque de pauvreté. Ce risque, loin de concerner une catégorie restreinte de personnes fragilisées, touche désormais des travailleurs qui se sentaient autrefois à l'abri, générant une insécurité sociale que reflète le pessimisme actuel des Français.

 

Contre la pérennisation d'un salariat de la misère et pour que tout travail soit justement rémunérateur, les socialistes ont soutenu dès 2005 la création d'un revenu de solidarité active (RSA), destiné à augmenter la rémunération des salariés pauvres. Il s'agissait dans notre esprit de compléter et de prolonger les effets bénéfiques de la prime pour l'emploi (PPE), créée en 2000 par le gouvernement de Lionel Jospin. Les efforts s'étaient alors concentrés sur les salariés à plein temps rémunérés à proximité du smic. Ce choix demeure pertinent, mais il doit aujourd'hui être amplifié, notamment en direction des travailleurs à temps partiel et à trois quarts temps, comme le proposait le RSA. Cela aurait également été l'occasion d'améliorer le fonctionnement et la lisibilité de la PPE, qui aujourd'hui est versée avec retard.

Or voici que l'on nous annonce que, loin de compléter la PPE, le RSA sera en réalité un dispositif consistant à déshabiller les salariés pauvres à temps plein pour habiller les salariés pauvres à temps partiel ! Cette imposture enlève au concept même de RSA tout son sens.

Lors de son intervention télévisée du 24 avril, Nicolas Sarkozy a demandé aux salariés modestes bénéficiaires de la PPE de financer le nouveau dispositif, idée saugrenue que le haut-commissaire aux solidarités actives a renoncé à contester. Ce sont aujourd'hui 8 millions de travailleurs gagnant à peine plus que le salaire minimum et percevant la PPE qui sont menacés de perdre entre 20 et 150 euros par mois ! Ironie cruelle de l'histoire, ceux qui accomplissent quelques heures supplémentaires perdront la faible hausse de pouvoir d'achat prétendument procurée par les mesures gouvernementales.

A ce stade du débat, il me semble urgent de dire halte à l'imposture et de définir quelle doit être, à mon sens, la position de la gauche vis-à-vis du RSA. Première condition : il est hors de question que cette réforme se fasse au détriment des bénéficiaires de la PPE. Deuxième condition : le nouveau dispositif doit –comme la PPE– prendre la forme d'un crédit d'impôt géré par l'administration fiscale, et non d'une allocation gérée comme les minima sociaux par les caisses d'allocations familiales. Les salariés rémunérés au smic, qu'ils travaillent à temps plein ou à temps partiel, paient aujourd'hui plus de deux mois de salaire au titre de la TVA et un mois de salaire au titre de la CSG. Ce sont des contribuables dont il faut alléger la charge fiscale – et non des allocataires de revenus d'assistance.

Que le nouveau dispositif ainsi refondu prenne le nom de PPE ou de RSA n'a guère d'importance, pourvu que ces conditions de fond soient satisfaites.

Au soir du premier tour de l'élection présidentielle, M. Sarkozy avait dit vouloir " parler à ceux auxquels on ne parlait plus, aux travailleurs, aux ouvriers, aux employés ". Aujourd'hui, 16 000 contribuables assujettis à l'impôt sur la fortune se voient rembourser chaque année 350 millions d'euros au titre du bouclier fiscal.

Mais ce sont ceux qui ont de petits revenus, les plus nombreux dans notre pays, qui paient le prix de l'austérité, alors qu'avec 15 milliards d'euros chaque année le paquet fiscal aurait pu financer le RSA ! Au-delà de la question budgétaire, c'est également la philosophie du revenu de solidarité retenue par le gouvernement qui est contestable. La lutte contre la pauvreté au travail et l'incitation à la reprise d'activité ne passent pas seulement par le complément entre salaire et prestation sociale. Une politique ambitieuse doit prendre en compte toutes les contraintes, y compris non monétaires, qui empêchent les demandeurs d'emploi de retrouver un travail décent.

Cela suppose d'abord un véritable accompagnement individualisé des bénéficiaires de minima sociaux. Aujourd'hui, moins de 35 % des RMistes sont suivis par l'ANPE. On ne peut pas continuer ainsi.

Autre carence majeure, le dispositif proposé ne permettra pas de surmonter l'ensemble des freins à la reprise d'emploi : pourtant, les contraintes de santé, les difficultés de transport ou l'absence de modes de garde pour les bénéficiaires de l'allocation parent isolé constituent des limites puissantes à l'acceptation d'un travail. Il faut en particulier créer un véritable service public de la petite enfance, dont l'absence limite l'accès des femmes au travail.

Enfin, la mise en oeuvre du dispositif devrait s'accompagner d'engagements du côté des entreprises. En venant en aide aux travailleurs pauvres, le RSA ne doit pas se substituer à leur responsabilité sociale, tant sur les salaires que sur les formes de contrats de travail privilégiées. Faute de négociation avec les partenaires sociaux, la modération salariale va s'aggraver et le recours au temps partiel subi va s'accélérer, créant ainsi des trappes à bas salaires.

Sur tous ces sujets, le gouvernement n'apporte aucune réponse. C'est la gauche qui, en 2000, a lancé ce vaste chantier de la revalorisation du travail et du pouvoir d'achat des salariés modestes. Si le gouvernement veut réellement compléter et améliorer le fonctionnement de ce dispositif, nous sommes prêts à y contribuer. Ne laissons pas dévoyer aujourd'hui cette belle idée : une autre politique est possible.

par Patrick Salmon publié dans : L'emploi chez Ségolène ROYAL
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Vendredi 9 mai 2008

Mieux vaut toucher un gros salaire en France qu'en Grande-Bretagne si l'on veut bénéficier de confortables indemnités de chômage. Ou habiter en Belgique si l'on ne veut pas se ruiner en frais de transports pour retourner au travail.

En matière d'assurance-chômage, chaque pays d'Europe a ses règles. Différentes. Fruits de législations revues et corrigées au fil des ans et des intentions à géométrie variable des gouvernements successifs. Au bout du compte, aucune harmonisation : ni des taux de cotisation, ni des conditions d'affiliation, ni des montants minima d'indemnisation : l'Europe sociale - du moins en ce domaine - reste toujours à faire.

De plus, ces chiffres secs recouvrent des réalités très différentes. On nous vante, en France, depuis plusieurs années, les mérites de la « flexsécurité » à la danoise. En fait, il est rarissime qu'un demandeur d'emploi danois soit indemnisé pendant quatre ans. Son marché du travail est tel qu'il a souvent retrouvé un boulot depuis belle lurette. Et pas spécialement parce que l'ANPE locale lui a mis l'épée dans les reins, comme on voudrait nous le faire croire.

En Irlande, l'offre et la demande sur le marché de l'emploi sont inversées par rapport à ce que nous connaissons dans l'Hexagone : les employeurs recourent à l'immigration (Polonais, Lettons...) ou augmentent les salaires pour combler les postes à pourvoir. De la même manière, le taux de chômage flatteusement bas de nos voisins anglais ne doit pas occulter le fait que de plus en plus de Britanniques exercent deux jobs en parallèle (dont un à temps partiel) pour boucler leurs fins de mois.

En Allemagne enfin, force est de constater que la pression exercée sur les demandeurs d'emploi pour leur faire accepter, rapidement, des emplois moins payés n'a pas suffi à faire baisser significativement la courbe du chômage.

En sera-t-il différemment en France ? Sur environ deux millions de chômeurs, un million n'est pas indemnisé. Et l'ANPE raye environ 20 000 chômeurs par an de ses fichiers pour refus d'emploi. On va donc, battage médiatique à l'appui, faire une loi « répressive » pour 1 % de la population au chômage ! Pour prouver quoi ?
Pierre Pinson

par Patrick Salmon publié dans : "Chasse" aux chômeurs et offre valable d'emploi
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Mercredi 7 mai 2008

PARIS (AFP) — La ministre de l'Economie Christine Lagarde a lancé mardi la renégociation de l'assurance chômage, en soumettant son projet d'offre "raisonnable" d'emploi au patronat et aux syndicats, auxquels elle laisse peu de marges pour améliorer l'indemnisation des chômeurs.

Tous les trois ans, l'assurance chômage fait l'objet d'une renégociation qui s'est traduite depuis 2003 par des règles d'indemnisation plus restrictives.

Comme l'Unedic (assurance-chômage) est financé par les cotisations salariales et patronales, en théorie, le niveau des allocations est du ressort des partenaires sociaux. Mais la fusion ANPE-Assedic, qui sera effective l'an prochain, a changé la donne.

Le gouvernement a déjà commencé à écrire lui-même les nouvelles règles, en annonçant sa volonté de puiser dans les récents excédents de l'Unedic pour financer les retraites et de mettre en place une législation coercitive sur l'offre "raisonnable" d'emploi, avec à la clé des sanctions pour les chômeurs qui ne donneraient pas suite, à deux reprises, à des offres d'emploi de l'ANPE.

Le système deviendra progressivement plus sévère par palier (3, 6, 12 mois).

Dès le 4e mois de chômage, il faudra réduire ses prétentions à 95% du salaire antérieur. Au-delà de six mois, il faudra accepter un emploi même s'il nécessite un aller-retour de 60 km/jour ou de 2 heures de transport en commun.

Au bout d'un an, le couperet tombera avec l'obligation de pourvoir tout emploi dans sa qualification, pourvu que le salaire dépasse l'allocation reçue.

Pour l'instant, le gouvernement ne dit pas si une offre en CDD ou en intérim serait considérée comme "raisonnable".

L'ANPE sanctionne déjà les abus manifestes des chômeurs (1.500 par mois sur plus de deux millions de chômeurs indemnisés) qui refusent de se rendre à un rendez-vous ou rejettent l'emploi proposé par un employeur.

Jugeant "fructueux" ses échanges avec les partenaires sociaux, Mme Lagarde a souligné mardi, à l'issue de la réunion, que "la question de l'offre raisonnable d'emploi" était "seulement un des aspects de la discussion". "On a beaucoup parlé du parcours professionnel personnel" qui sera défini entre le chômeur et le service public de l'emploi, a-t-elle précisé.

Les syndicats étaient cependant tous arrivés à Bercy dans un état d'esprit très critique sur le mécanisme gouvernemental d'offre "raisonnable". "Dumping social", a dénoncé la CGT. Annie Thomas, vice-présidente CFDT de l'Unedic, a accusé le gouvernement de "polluer le débat avec cette question pour faire plaisir à l'électorat de droite".

Tous ont demandé à la ministre de faire marche arrière et de "laisser négocier" les partenaires sociaux. FO a dénoncé "la tactique du boa constrictor qui consiste, pour le gouvernement, à nous embrasser pour mieux nous étouffer".

Solidaires (Sud), qui comme l'Unsa ne participait pas à la réunion (ces deux syndicats n'étant pas actuellement reconnus comme représentatifs), a dénoncé une "nouvelle offensive anti-sociale du gouvernement".

Pour sa part, le patronat entend garder la main sur les finances de l'Unedic. "Nous aurions tous envie de mieux indemniser ! Mais avec quel argent ? Qui paie ? Il faut rester raisonnable. Plus on indemnisera, moins il y aura de salariés pour prendre les emplois vacants", a déclaré Jean-François Roubaud (CGPME) au Figaro.

par Patrick Salmon publié dans : L'assurance chômage : négociations et évolution
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Mardi 6 mai 2008

Dès 1979, le ministère du travail crée les Services du Contrôle de la Recherche d’Emploi. L’inspection du travail contrôle désormais les entreprises et les chômeurs. Ces derniers doivent, en cas de contrôle, démontrer qu’ils ont effectué « des actes positifs de recherche d’emploi ». Les preuves de leur innocence en quelque sorte.

 

En 1991, Michel Charasse lance une campagne contre les « faux chômeurs ». Le ministre du budget déclare qu'il y aurait 700 000 faux chômeurs en France. Incapable de citer ses sources, il est immédiatement repris par Martine Aubry, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle : "il est inadmissible de faire peser la suspicion sur des centaines de milliers de chômeurs qui sont dans des situations difficiles". Toujours est-il que le contrôle des chômeurs est alors renforcé à travers le vote d’un projet de loi relatif à la formation professionnelle et à l'emploi. Les chômeurs doivent désormais accepter des offres d’emplois à temps partiel ou les emplois moins bien rémunérés si la baisse de salaire n’est pas supérieure à 30 % de la précédente rémunération.

 

En septembre 1995, le premier ministre, Alain Juppé, annonce la création d’une mission parlementaire chargée de rechercher les abus perpétrés par les allocataires des différentes prestations du système de protection sociale. Composée de trois parlementaires, dont deux UDF, elle doit traquer la « triche », faire des propositions afin de mettre un terme aux « détournements de procédure » qui « grèveraient l’économie et que nos concitoyens ne supportent plus ». « Fraude au RMI, immigration illégale, faux chômeurs, travail clandestin (…) tout cela doit cesser (...) La chasse aux abus et aux gaspillages est la contrepartie des efforts demandés aux plus aisés » déclare Alain Juppé.

 

Avant 2000, un chômeur avait le droit de refuser une offre d’emploi qui ne correspondait pas à la qualification de son emploi précédent. La convention Unedic de 2000, en instaurant le PARE modifie ce principe en estimant qu’un emploi « acceptable » n’est plus défini par une qualification mais avant tout par des compétences. Cela élargit considérablement les emplois qu’un demandeur d’emploi ne peut pas refuser.

 

En 2003, François FILLON, ministre des affaires sociales explique qu’il faut convaincre les chômeurs d’accepter les postes qu’on leur propose par des mesures d’incitation plus fortes car un chômeur ne peut éternellement refuser les offres d’emploi. François Fillon souhaite opérer le rapprochement ANPE – UNEDIC : il faut que " la même main indemnise et ramène vers l’emploi ". Lors des discussions à l’Assemblée nationale sur la mise en place du Revenu Minimum d’Activité (RMA), le ministre affirme que les français attendent des érémistes une « contrepartie » à l’aide publique, à savoir un « effort d’insertion » et « la recherche d’une activité ».

 

Le 14 janvier 2004, ce même François Fillon reçoit un rapport sur la modernisation du service public de l'emploi. Cet écrit développe une réflexion sur les droits et devoirs des chômeurs. Le rapport Marimbert analyse les difficultés persistantes que soulève la coordination entre les institutions dans le domaine du contrôle de la recherche d'emploi. Il formule une série de propositions pour accroître l'éventail des décisions possibles en matière de retrait du revenu de remplacement. Le rapport donne surtout des chiffres précis permettant de constater que le contrôle de la recherche d'emploi des chômeurs conduit à un nombre faible de sanctions : 2 030 exclusions définitives en 2000 et 1 705 en 2001, soit respectivement 0,09 et 0,08% du nombre de chômeurs indemnisés. Ces dernières sont rares car utilisées uniquement en cas de fraudes graves et avérées : fausse déclaration, cumul d'un emploi et des Assedic… Plus nombreuses sont les radiations temporaires, particulièrement depuis la mise en place du plan d'aide au retour à l'emploi (Pare), suite à la modification de la définition de l’emploi acceptable d’une part, suite à l’importante augmentation du nombre de convocations adressées aux demandeurs d’emplois d’autre part. Fin 2002, première année complète de la mise en œuvre du PARE, le nombre mensuel de radiations varient entre 30 000 et 40 000 soit deux fois plus qu’en 2001. Ces radiations résultent bien plus de non réponses aux convocations de l’ANPE qu’à des fraudes caractérisées. Chacune de ces deux dernières années, en 2004 et en 2005, l’ANPE a effectué un peu plus de 400 000 radiations : 422 073 en 2004 et 417 685 en 2005.

 

Les propos stigmatisant les chômeurs semblent porter dans l’opinion si l’on en croit une étude d’opinion réalisée par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) en décembre 2004 et janvier 2005 auprès de 2000 personnes. Selon cette étude, deux français sur trois souhaiteraient que la durée et le montant des allocations chômage soient réduits. Selon cette même étude, plus de sept Français sur dix seraient favorables à la suppression de toute indemnité aux chômeurs qui, au bout d’un certain nombre de mois, n’accepteraient pas un emploi moins qualifié ou moins rémunéré que celui qu’ils occupaient. Des chiffres qui laissent penser que le chômeur n’est pas d’abord perçu comme une victime.

 

C’est dans ce contexte favorable au renforcement du contrôle de la recherche d’emploi que le gouvernement de Dominique de Villepin adopte, au cœur de l’été 2005, le 2 août, un décret relatif au « suivi de la recherche d’emploi ».

 

La notion de recherche d’emploi est modifiée. Les sanctions contre les chômeurs qui n'ont pas effectué « de manière permanente des actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer ou de reprendre une entreprise » sont désormais graduées en fonction de la gravité du manquement. La diminution d'allocations sera de 20 % à 50 % pour des durées de deux à six mois. En cas de refus d’un emploi « valable », l’allocation pourra être diminuée de 20 % ; de 50 % en cas de récidive et en totalité lors d’un troisième refus. La durée des radiations, de 15 jours à un an, est fonction de la gravité des manquements aux règles. Les actes du chômeur sont désormais appréciés aussi en fonction de la situation locale de l’emploi, de « leurs possibilités de mobilités géographiques compte tenu de leur situation personnelle et familiale et des aides à la mobilité qui leur sont proposées ». Autre nouveauté, le refus d’un contrat aidé, d’une offre d’apprentissage, d’un contrat de professionnalisation ou même d’une action d’insertion (une prestation ANPE) peut conduire à une radiation de 15 jours au premier manquement et de deux à six mois si les manquements sont répétés. A travers ces mesures gouvernementales, la définition de l’emploi « valable » ou « acceptable » par un chômeur est, une fois de plus, revue à la baisse. Désormais, le refus d'un emploi s'apprécie aussi en fonction de l'ancienneté dans le chômage et au regard des formations suivies depuis la perte de son emploi.


La politique de « mise au travail » aujourd’hui valorisée renforce et développe les démarches coercitives vis à vis des chômeurs. Rappelons pourtant l’essentiel : les chômeurs ne sont pas les responsables du chômage ! Même si tous les chômeurs passaient leurs journées entières à rechercher un emploi et acceptaient toujours le premier travail proposé, le nombre de chômeurs resterait à peu près identique faute d’emplois en nombre suffisant.

par Patrick Salmon publié dans : Les ARTICLES de Patrick Salmon
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Lundi 5 mai 2008

PARIS (AFP) - Une offre d'emploi "low cost" à Pondichéry, en Inde, rémunéré en roupies indiennes l'équivalent de 160 à 320 euros par mois, a déclenché la polémique ce week-end entre l'ANPE, des syndicalistes et le PS, alors que le gouvernement s'apprête à durcir les obligations pour les chômeurs.

Révélée par Le Parisien, cette offre à prix cassé porte sur un poste d'informaticien niveau Bac+2 spécialisé dans la conception de sites web.

La connaissance de l'anglais courant et technique est requise, le salaire proposé à "10.000 à 20.000 roupies" pour "40H00 hebdomadaires", selon l'offre consultable dimanche sur le site ANPE. "Protection sociale et avantages à négocier", précise l'annonce, dont le PS a demandé le "retrait immédiat".

Pour Alain Lecanu du syndicat des cadres CFE-CGC, "c'est incroyable, la mention +protection sociale à négocier+, c'est carrément du marchandage".

Selon lui, "cela montre bien qu'on a beaucoup de travail à faire sur la qualité des offres d'emploi" disponibles, au moment où le gouvernement s'apprête à durcir la législation pour la rendre plus coercitive et obliger les salariés au chômage à accepter un emploi, même moins payé ou plus éloigné que souhaité.

"Est-ce que, pour le gouvernement, cela fait partie des offres raisonnables d'emploi?", s'est-il interrogé, à deux jours d'une première grande réunion tripartite sur l'avenir de l'assurance chômage, avec les syndicats, le patronat et la ministre de l'Economie et de l'Emploi Christine Lagarde.

"C'est une offre difficile à refuser en tant qu'agent ANPE, car elle correspond aux salaires légaux indiens", a réagi Bernie Billey, déléguée CFDT à l'ANPE, qui est néanmoins "choquée" car "cela ressemble plutôt à un stage" et "étonnée car il y a beaucoup d'informaticiens de qualité en Inde".

"Pourquoi expédier quelqu'un là-bas ? Même en admettant qu'on puisse vivre correctement avec ce salaire, encore faut-il se payer le billet aller-retour", dit-elle.

Interrogé sur RTL, le directeur de l'ANPE, Christian Charpy, s'est étonné de la polémique: "le salaire proposé est quatre à cinq fois supérieur au salaire moyen en Inde. Chacun est libre de faire ou non une expérience d'expatriation et je ne vois vraiment pas pourquoi on se pose la question de savoir si cette offre est légitime ou pas légitime".

Parmi ses 3 à 4 millions d'offres collectées chaque année, l'ANPE en propose de nombreuses à l'étranger, mais à des salaires français (comme 20.000 à 35.000 euros annuels pour un poste de développeur informatique à Casablanca au Maroc).

Pour qui veut absolument partir en Inde, une entreprise de transit international cherche par exemple un délégué commercial à New Delhi... payé 20.000 à 40.000 dollars US.

Selon le Journal du Dimanche, l'offre payée en roupies émane d'une agence web fondée en 1997 en Charente-Maritime à Jonzac, développant des services internet, et délocalisée à Pondichéry depuis 2007 sous le nom de Hangar 17 ICT.

Son dirigeant Denis Delcroix, injoignable dimanche, a nié au JDD avoir sollicité l'ANPE mais reconnaît déposer des offres similaires sur d'autres sites de recrutement: "Je suis dans mon droit, je suis une entreprise indienne, j'embauche aux conditions locales", explique-t-il.

"La globalisation du marché m'a amené à ce nouveau positionnement stratégique" afin de "continuer à apporter des solutions toujours plus innovantes, à des tarifs ultra-compétitifs", explique son site à l'adresse des clients, parmi lesquel des marques de cognac du groupe LVMH, collectivités, industriels... et l'ANPE elle-même.

par Patrick Salmon publié dans : "Chasse" aux chômeurs et offre valable d'emploi
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Lundi 5 mai 2008

L'ANPE propose un emploi à Pondichéry, en Inde, pour un poste d'informaticien niveau Bac+2 spécialisé dans la conception de sites web. La connaissance de l'anglais courant et technique est requise, le salaire proposé est de "10.000 à 20.000 roupies" (soit 160 à 320€) pour 40h hebdomadaires. Cerise sur la gâteau :

"Protection sociale et avantages à négocier".

Le directeur de l'ANPE s'est étonné :

"le salaire proposé est quatre à cinq fois supérieur au salaire moyen en Inde".

Combien de mois de salaire pour se payer un aller-retour Pondichéry-Paris ?

L'offre payée en roupies émane d'une agence web fondée en 1997 en Charente-Maritime à Jonzac, développant des services internet, et délocalisée à Pondichéry depuis 2007 sous le nom de Hangar 17 ICT. Au moment où l'on fait appel à l'immigration clandestine pour soit-disant, satisfaire des offres d'emplois, il apparaît de plus en plus évident que ces affaires ont pour objectif d'accroître la pression sur les salaires, pour le plus grand profit des patrons-voyous.

par Patrick Salmon publié dans : "Chasse" aux chômeurs et offre valable d'emploi
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